Ille XIII-Jean Galia

Jean Galia

Au-delà du sportif complet qu'il était, jean Galia était aussi un leader, un homme d'affaires rigou­reux qui a très tôt compris tout le bien qu'il pou­vait tirer de ses qualités. Il est celui par qui le rugby à XIII est arrivé en France. Sans lui, ou encore Victor Breyer, sans les erreurs de la Fédération Française de Rugby à XV, la France serait sans doute comme l'Espagne, une terre inconnue pour le rugby à XIII.
Les treizistes seront toujours redevables auprès de Jean
Galia, d'avoir donné racine à ce rugby à XIII qui, par sa spontanéité, sa clarté, sa dimension physique, sa générosité, ses règles simples, ouvre la porte au jeu. Cela même si l'on s'est trop souvent nourri d'utopie, pour masquer la faiblesse du rugby à XIII hexagonal.
Jean Galia est né le
20 mars 1905 à Ille-sur-Tet, dans la maison familiale située avenue Pasteur, à la croisée des routes de Thuir et de Perpignan, où ses parents tiennent un magasin d'expédition de fruits et légumes. Tout un symbole pour celui qui va se retrouver près de 3o ans plus tard à la croisée des chemins d'ovalie.
Fernand Périé, romancier illois, garde en mémoire les
moments partagés avec Jean Galia, notamment chez Hyacinthe Aubert, ailier talentueux et fantaisiste de l'US illois : "Hyacinthe avait aménagé une véritable salle de sport dans sa grange et dans son jardin. Nous avions accès à toutes les disciplines athlétiques : agrès, cordes, poids, nous pratiquions aussi l'athlétisme et la boxe. J'ai été un des élèves de Jean Galia, qui fut d'ailleurs champion de France de boxe amateur en battant Platner. Il m'a appris à boxer avec Abdon Cassa qui deviendra plus tard général des sapeurs-pompiers de Paris. Galia m'a appris une chose terrible, savoir boxer sans se faire de mal. Et il me bottait les fesses, car il était très coléreux. Ses parents étaient expéditeurs en fruits et légumes et possédaient le seul camion qu'il y avait à Ille. Sa mère était l'austérité même. Elle vendait les pêches au marché. C'était une maîtresse femme."

C'est sur le terrain Batlle, délimité par le canal de Thuir et la route de Prades, que masquait la silhouette des cyprès, à portée de drop de l'actuel stade Jean-Galia, que Jean Galia connaît ses premiers émois rugbystiques. L'US Illoise y anime les rendez-vous dominicaux. Jean Galia porte l'espace de quelques matches le maillot de l'US Millas. C'est là qu'Ernest Camo, champion de France en 1925 avec l'USP le découvre. "Ce fut dans les années 1928-1929 que je fis véri­tablement connaissance avec celui qui allait devenir mon grand ami. Quelques années auparavant, je l'avais vu jouer dans l'équipe de rugby du canton. J'assistais donc à ce match, un dimanche après-midi, en compagnie de mon frère Edouard. Je remarquais particulièrement un jeune homme grand qui instrumentait dans la ligne d'avants. Son jeu n'avait pas encore la classe d'un prince du rugby, mais il jouait en connaisseur et sa façon d'opérer me plaisait. Son adresse pour se saisir du ballon à la touche, sa manière de foncer avec maîtrise et son art de passer son ballon à bon escient, me séduisaient.". 

Sportif complet, athlétique (1,8o m, 85 kg), Jean Galia pratiquait donc la boxe. Son cousin Sébastien Galia se souvient de quelques rendez-vous musclés : "ll était fort, nous allions chez lui et nous mettions les gants et il voulait qu'on frappe. C'était une force de la nature." Il concrétise son talent en deve­nant champion de France amateur chez les lourds. Lorsqu'il rejoint Villeneuve-sur-Lot, il pratique l'aviron, aux côtés de Jean Barres, avec autant d'aisance que lorsqu'il enfilait les gants ou se jouait d'une défense adverse. "Tout sortait naturellement chez lui. Il avait ça ancré." assure Sébastien Galia.
On le disait altier, abrupt, mais fidèle en amitié. Intelligent et lucide, l'homme était d'une rare élégance et doué pour les affaires. Il avait un goût prononcé pour les belles voitures.

Lors de son service militaire chez les aérostiers à Tou
louse, il porte les couleurs du TOEC.
Et celui qui va devenir un des meilleurs avants d'Europe
vit les portes de l'Union Sportive Perpignanaise se refermer de manière peu courtoise. Un dirigeant influent de l'USP pria Ernest Camo, lors d'un entraînement au stade Jean-Laffon, de ne plus amener son ami : "Ne le fais plus venir". Ce dirigeant ajoutait en catalan : "Es pas camat". Ce qui n'empêchera pas Ernest Camo de retrouver jean Galia quelques années plus tard, pour une autre aventure à Villeneuve-sur-Lot et l'Illois de faire une belle carrière internationale.

L'été 1926 est placé sous le signe du Tour de France à Perpignan. Le jeudi 8 juillet, le Belge Lucien Buysse de l'équipe Automoto gagne l'étape Luchon-Perpignan, après 14o km d'échappée, et fait basculer le Tour de France.
Un été décisif pour Galia. Le chapelier quillanais jean
Bourrel débauche des joueurs de l'USP et des Quins, afin de renforcer le club de la Haute Vallée de l'Aude. Jean Galia passe aussi la Pierre-Lys et sera de l'aventure pour 80000 francs-or. Alors que l'amateurisme marron règne en coulisse, Jean Bourrel et l'US Quillan ont une autre idée du rugby, qui fera grand bruit et suscitera des jalousies.
Entraînée par Gilbert Brutus, l'Union Sportive Quillanaise
va connaître trois saisons prolifiques. Jean Galia, Ernest Camo et Gilbert Brutus effectuent chaque jeudi, en voiture, les déplacements dans l'Aude. Dans la promiscuité du véhi­cule, ils nouent une grande amitié. "Dans l'après-midi nous prenions part à l'entraînement de l'équipe, pour repartir de la sous-préfecture de l'Aude le soir. Que d'agréables souve­nirs me rappellent aujourd'hui ces voyages, avec les discus­sions passionnées qui s'engageaient avec mes excellents amis durant le parcours sur cette route, qui serpente très plai­samment à travers deux départements limitrophes, en lon­geant pendant des kilomètres le cours sinueux et pittoresque de l'Aude."
Le 6 mai 1928, Quillan s'incline en finale du championnat
de France de 1re division, à Toulouse, face à la Section Paloise : 6 à 4.
Le 19 Mai 1929, Quillan devient champion de France à Tou­
louse, en battant le FC Lézignan 11 à 8 et ramène le "Brennus" dans la cité des Trois Quilles. Une finale qui fut particulièrement violente.

Le 18 mai 1930, au Parc Lescure à Bordeaux, Quillan est une nouvelle fois au pied du bouclier de Brennus, mais s'incline (4-o) face au SU Agen.
Durant la période quillanaise de 1926 à 1931, Jean Galia
porte 19 fois les couleurs de l'équipe de France : Angleterre, Allemagne (2) en 1927 ; Ecosse, Nouvelles Galles du Sud, Irlande, Angleterre en 1928 ; Irlande, Angleterre, Allemagne en 1929 ; Écosse, Irlande, Angleterre, Allemagne, Pays de Galles en 1930 ; Écosse, Angleterre, Pays de Galles Alle­magne en 1931. Il est reconnu par les Britanniques comme le meilleur avant d'Europe.
La scission entre la Fédération
Française de Rugby (FFR) et l'Union Française de Rugby Amateur (UFRA), créée le 24 janvier 1931, se déroule dans un climat délétère. 12 grands clubs dont l'US Perpignan quittent la FFR. Le 31 mars 1932 les Britanniques suspendent la FFR de toutes rencon­tres internationales. Il en sera ainsi durant près de huit ans. La "Perfide Albion" est en train de préparer le ter­reau qui va permettre au rugby à XIII d'éclore en France.
Jean Galia a quitté l'US Quillan, avec
son ami Ernest Camo, pour rejoindre le CA Villeneuve, où il retrouve le pilier international de Villeneuve-de-la­Raho, Camille Montade, qui fut cham­pion de France avec l'USP en 1925.
Située sur les bords du Lot, Ville­
neuve-sur-Lot est une ville qui prospère autour du pruneau et de l'industrie agroalimentaire. Sous l'im­pulsion du maire et conseiller général, Georges Bordeneuve, la riante cité lot-et­-garonnaise veut se doter d'une équipe de haut niveau. Elle possède déjà un "bijou" du nom de Max Rousié ; le Marmandais (15 sélections 1935-1938 fut le joueur le plus doué de la génération treiziste.
Camille Montade sera l'initiateur du rapprochement avec
Jean Galia et Ernest Camo. C'est lui qui fera le déplacement en Roussillon avec un dirigeant villeneuvois afin de sceller le destin de Jean Galia.
Le rendez-vous a lieu au Casino de Canet-plage. Les jeux
sont faits. Les affaires sont les affaires, jean Galia et Ernest Camo ouvrent à Villeneuve un magasin de chapellerie et d'ar­ticles de sport, situé au 34, rue de Paris. Galia ouvrira par la suite des salles de cinéma à Villeneuve : le "Ciné Palace" et "L'Olympia", puis le "Fantasio" à Toulouse.
René Verdier, ancien collaborateur de Sud-Ouest, de la
Dépêche du Midi, et correspondant de "L'Indépendant" auteur de "L'épopée du 13 vert" garde en mémoire le regard des Villeneuvois sur ce joueur d'exception : "C'était un homme élégant. Il changeait de costume trois fois par jour. Il ne buvait pas d'alcool. Lorsqu'il pas­sait au Café des Négociants, il pre­nait une infusion, mais il ne mettait jamais la main à la poche. Par contre il ne lésinait pas sur le luxe des ses voitures : une Bugatti, une Nash, une Alfa Roméo, autant de trésors qui ont étayé sa légende, comme cette panthère qu'il aurait adoptée."

A Villeneuve, Galia assure le spectacle, sur et hors de la pelouse. "Lorsqu'il composait l'équipe, il faisait un va-et-vient, les mains dans le dos, depuis la Porte de Paris jusqu'aux grands boule­vards, accompagné de Raoul de Péricot, du docteur Léon Vinson. Il avait des domestiques qui étaient chargés de lui amener la voiture à la Porte de Paris lorsqu'il souhaitait partir : 'Mon­sieur jean votre voiture est avancée'. Il était aussi un excel­lent rameur au sein de l'Aviron Villeneuvois."

Au cours de la saison 1931-32, François Noguères, qui effectue son service militaire à Agen, porte les couleurs du CA Villeneuve. Au terme de son incorporation il regagne le Boulou et retrouve son club d'origine l'Union Sportive Perpignanaise, dont Marcel Laborde est l'animateur. En début d'année 1933 il y brille particulièrement.
Jean Galia et Camille Montade ont toujours un oeil sur
François Noguères. Ils contactent le Boulounenc. Eclate alors une affaire digne d'un roman d'espionnage. Un télégramme adressé à François Noguères est intercepté. Il y est question de "Frais de déplacement" et il est signé Jean.
"Une fois mon service militaire à Agen terminé, Jean Galia
était venu me voir pour que j'aille le rejoindre à Villeneuve. Bien sûr qu'il y a eu un échange de correspondance entre nous, et un télégramme fut intercepté par les dirigeants de l'USP peu désireux de me laisser partir"
déclarait François Noguères dans "XIII Catalan, Cinquante ans d'épopée".
Et d'ajouter
: "C'est ainsi que Maurice Vails (secrétaire de l'USP) me lança sur le quai de la gare : Ne t'en va pas ou tu seras disqualifié. Je rebroussai chemin, défis mes valises et ré-enfilai le maillot de l'USP, pas pour longtemps d'ailleurs..."
Marcel Laborde qui, par un curieux hasard, deviendra l'allié
de circonstance de Galia quelques mois plus tard, exhibe fièrement ce télégramme. Laborde, dit le "lapin", s'apprête à vivre des lendemains difficiles, mais il ne le sait pas encore. Jean Galia, François Noguères et les dirigeants du CAV sont radiés ipso facto.
Secoué par l'affaire Noguères, mais pas abattu, Jean Galia
prépare son retour. Sa forte personnalité reprend le dessus. Il comprend rapidement que le rugby à XIII a sa place dans le paysage rugbystique français.
Le 31 décembre 1933,
il assiste à la première rencontre de rugby à XIII sur le sol français. Elle a pour cadre le stade Per­shing à Paris où, dans un froid glacial, devant 20 000 spectateurs, l'Australie bat l'Angleterre 63 à 13.
Galia est sous le charme de ce qu'il vient de voir. Il se confie
à son ami Ernest Camo : "Ernest me disait-il, c'était magnifique, des envolées splendides, des combinaisons magistrales, des renversements d'attaque, tout cela c'est le rugby à XIII. Un rugby pareil ça ne se décrit pas, ça se déguste comme un mets rare. Aussitôt qu'on l'aborde, on reste perdu d'admiration. Il n'est qu'adresse, élégance, intuition, imagination, virtuosité. Il se prête aux combinaisons les plus subtiles. Les passes croisées fusent dans tous les angles.
De tels joueurs, une telle forme d'assurance et de tech
nique, c'est à ne pas y croire. Pourtant ça existe. je l'ai vu de mes yeux vus !".

Après de tels propos, on a du mal à croire que le Catalan d'Ille-sur-Tet ne puisse être l'homme de la situation, l'homme à qui la Rugby League va faire totale confiance. Tout comme à Victor Breyer, qui sera le binôme de Galia pour démarrer cette aventure.
Jean Galia leur rendra cette confiance, grâce à un travail de
tous les instants, un investissement total.
Jouant de son charisme, de ses connaissances, de son sens
des affaires, il va sillonner les routes de France, au volant de son Alfa Roméo ou de sa Nash au long capot. Il effectua de longs et harassants déplacements à Chalon-sur-Saône pour y rencontrer Antonin Barbazange. A Oyonnax (Jura) où il resta trois jours afin de convaincre Charles Mathon.
Galia sait qu'il doit faire vite. La FFR voit d'un très mauvais
oeil l'éclosion du rugby à XIII en France. Elle fulmine contre ceux qu'elle a longtemps couvés sous son manteau. Elle interdit les terrains, menace ceux qui porteront assistance aux treizistes. Mais tout le paradoxe de cette affaire, c'est que les "Orthodoxes" eux-mêmes ont créé cette "hérésie", ce rugby parfait qui épouse plein nez les contours du pays cathare. Ce n'est pas un hasard. Les treizistes connaîtront leur Montségur le 19 décembre 1941...
Galia bat le rappel de ses amis, de ses connaissances, pour
composer une sélection qui doit partir pour l'Angleterre. L'équipe composée a fière allure : Jean Galia (C.A. Ville­neuve), François Recaborde (Section Paloise), jean Duhau (S.A. Bordelais), Robert Samatan (S.U. Agen), Joseph Carrère (R.C. Narbonne), Maurice Porra (Lyon O.U.), Georges Blanc (Capbreton), Charles Petit (S.L. Nancy), Charles Mathon (Oyonnax), Laurent Lambert (Avignon), Antonin Barbazange (Roanne), François Noue[ (S.A. Bordelais), Jean Cassagneau (Espéraza), Gaston Amila (Lézignan), Jean-Marie Vignal (Tou­louse), Henri Dechavanne (Roanne), Lolo Fabre (Lézignan).
Ces 17 pionniers baptisés les "Galia' boys" effectuent une tournée début mars 1934 en Angleterre. Le 6 mars à Wigan, ils sont battus (30-27) avec deux essais de Galia. Itou le 8 mars à White City par les "London Highfield". Le 14 mars par Leeds. La sélection française affronte une sélection de la
Rugby League, le 17 mars, à Warrington, et s'incline 32 à 16.

Les Français sont éprouvés par la rapidité de ce rugby, mais
ils obtiennent un premier succès, le 24 mars à Hull (26-23), et s'inclinent en fin de tournée à Salford (35-15).

C'est le 6 avril 1934 que les statuts de la Ligue Française de Rugby à XIII sont déposés à la Préfecture de police de Paris et c'est un Breton, François Cadoret, député-maire de Riec-sur-Belon, qui en devient le président. Jean Galia est membre du comité directeur. Le premier acte concret de cette ligue, est l'organisation le 15 avril 1934 au Stade vélodrome Buffalo, dirigé par Victor Breyer, d'un France-Angleterre qui fait stade comble.
Comme un ressort, le rugby à XIII se dresse sur l'Hexagone.
Une sélection du Yorkshire arrive en France début mai et dis­pute cinq rencontres à Lyon, Paris, Villeneuve-sur-Lot, Bor­deaux et Pau.
C'est dans les salons de l'Hôtel Gache, à Villeneuve-sur-Lot
à l'issue de la rencontre opposant Villeneuve à une sélection du Yorkshire, disputée au stade du Pont-du-Marot devant 10000 spectateurs, où Max Rousié joua son premier match à XIII, que Jean Galia annonce officiellement sa décision de pour­suivre son aventure à XIII. "Le dépôt des statuts était antérieur, Jean Galia avait dit oui, mais attendez ! C'est d'ailleurs pour ça qu'il n'avait pas pris Max Rousié pour la tournée en Angleterre. Maintenant nous pouvons partir, dira-t-il" raconte René Verdier.
Nous étions le 6 mai
1934, Marcel Laborde était dans la salle, intéressé par ce qu'il venait d'entendre.
Car à Perpignan se joue dans l'arrière-scène une drôle de guerre. L'Union Sportive Perpignanaise et les Quins fusionnent le 5 mai 1933 pour devenir l'USAP. Les Quins imposent comme condition à cette fusion l'exclusion de Marcel Laborde. Un coup dur pour "le lapin" qui jusqu'alors a été de toutes les campagnes. N'oublions pas qu'il fut de la première fusion en 1909 entre clubs perpignanais sous le sigle ASP, puis d'une nouvelle
fusion en 1919 entre l'ASP et le SOP, qui deviennent l'USP

L'ancien demi de mêlée de l'Association Sportive Perpigna­naise n'en resta pas là. Sur le pavé de la Loge, depuis les arcades du Café de France, sous le couvert de la Barre, jusqu'à la rue des Trois-Journées, l'intrigue menace.
Jean Galia l'excommunié et Marcel Laborde laissé pour
compte se retrouvent sur le même terrain. Galia n'hésite pas à taire quelques veilles querelles. Il connaît la valeur de Marcel Laborde. Laborde est au centre de la création d'un nouveau club, l'Association Sportive Perpignanaise (ASP), qui est composée d'anciens membres de l'USP, avec à leur tête Jean Durand, Joseph Lloanci et le docteur Gaston Banet.
Marcel Laborde a pignon sur rue depuis la Chambre de
commerce où il joue de son charisme et de ses réseaux d'in­fluence. Il suit l'évolution du rugby catalan, dans lequel il va rapidement replonger. Il est sollicité par ses amis de l'ASP, dont les statuts ont été officialisés le 27 juin 1934, et il adhère à l'ASP le 7 juillet 1934.
Entre deux rebonds, le Tour de France est au centre des
conversations. René Lapébie s'impose le mercredi 18 juillet dans l'étape Montpellier-Perpignan. Antonin Magne porte le maillot jaune. L'étape Perpignan-Ax-les-Thermes est marquée par le sauvetage du jeune René Vietto (2o ans) qui offre sa roue à Magne et s'effondre en pleurs sur un muret de pierres. Tonin gagne le Tour 1934. Vietto entre dans l'histoire.
Dans la chaleur estivale et sur la braise ardente du rugby
roussillonnais, Jean Galia va venir attiser le feu. Il entre en contact avec le docteur Gaston Banet et Marcel Laborde, et leur propose d'intégrer la Ligue Française de rugby à XIII.

A l'issue de cette entrevue, où Banet et Laborde imposent comme condition sine qua non le retour de François Noguères, Aimé Bardes, Martin Serre et Dafis, de Villeneuve­sur-Lot à Perpignan, l'ASP tient une assemblée générale le 24 août  1934 au Café de la Poste. Avec sa verve habituelle, Marcel Laborde rend compte de l'entrevue avec Jean Galia. Il argumente et convainc. En cette fin de soirée historique, l'ASP quitte le giron quinziste. Le XIII Catalan est créé. Il por­tera le maillot blanc comme les neiges du Canigou, écus­sonné du losange sang et or.
Villeneuve-sur-Lot, avait franchi le premier pas autour du
docteur Vinson. Dans le sillage de Galia, Georges Bordeneuve (il sera plus tard sénateur, Ministre des Beaux-Arts, Ministre de l'Instruction Publique) avait entraîné tout le CAV, qui devenait le Sport Athlétique Villeneuvois XIII, dont jean Galia sera le capitaine-entraîneur.
L'énorme activité de Jean Galia permet au premier cham
pionnat de France de rugby à XIII de débuter en octobre 1934. Les 1o clubs pionniers sont : Paris Rugby XIII, Union Sportive Lyon-Villeurbanne, Racing Club de Roanne, XIII Catalan, Racing Club Albigeois, Sport Athlétique Villeneuvois, Pau XIII, Côte Basque XIII, Bordeaux XIII, Stade Olympique Biterrois.
 

Le plus gros problème que vont rencontrer les treizistes sera de trouver des installations sportives. L'histoire est un éternel recommencement puisqu'en 2006, les Dragons Catalans ont connu les mêmes déboires. A Perpignan, Albi, Bayonne, la Ligue Française de Rugby à XIII se voit interdire l'accès aux terrains. Les treizistes pestiférés se prennent par la main, des stades sortent de terre et voient le jour en quel­ques semaines, sur des terrains incultes aux périphéries des villes.
A Perpignan, une centaine d'abricotiers au nord de la ville en feront les frais. Les dirigeants-terrassiers y travailleront jusqu'à la pointe du jour, afin d'y recevoir dans la journée le club anglais de Salford. Les Catalans prendront 52 points sur un stade poussiéreux balayé par la tramontane, mais le jeu pratiqué, le succès populaire et l'imposante recette (52 000 F) vont galvaniser les pionniers.

Le premier titre de champion de France est décerné aux
points au cours de la saison 1934-1935 et ce sont les Villeneuvois du capitaine-entraîneur Jean Galia qui se montrent les meilleurs.
La saison
1935-1936 voit le RC. Narbonne, le CA. Brive, le SU. Cavaillon et l'AS. Carcassonne rejoindre le giron treiziste. Le XIII Catalan élimine Roanne en demi-finale (14-12). Dans l'autre demi-finale, Bordeaux élimine Lyon­Villeurbanne (6-5).
La finale a lieu chez les Bordelais au Parc de Suzon, où
20000 spectateurs ont pris place pour une recette de 100 000 F. L'équipe est composée de : Noguères, Azais, Lavagne, Bosch, Suarez (o), Tintin Saltraille (m), Ascola, Martin-Serre, Triquéra, Bruzy, Sayroux, Quéroli, Maurel.
Le XIII Catalan bat Bordeaux (24-14) en inscrivant 5 essais
de Bosch, Maurel, Lavagne et Triquéra ; Bosch y ajoute les transformations et fut le réalisateur de la rencontre avec 16 points à son actif.
Le but de Jean Galia est désormais atteint. Le Rugby à XII I
est implanté dans l'Hexagone. il y a mis tout son temps, tout son savoir-faire. Les stades sont pleins. Le spectacle est total. C'est ce rugby-là qu'il souhaitait déjà en 1930 : "L'avenir appartient aux jeunes, aux joueurs de demain qui, fortifiés parles leçons du passé, améliorés dans une technique plus moderne, sauront soutenir la réputation de leurs aînés et faire flotter haut et souvent encore, les cou­leurs de France aux mâts d'honneur dressés sur les stades européens".

 

ILLE XIII

Entre Ille-sur-Tet et le rugby à XI I I, c'est une longue histoire. L'histoire tout court, avec ce lien filial au père spirituel, jean Galia, né au 38, avenue Pas­teur à Ille sur Têt, le 20 mars 1905.
Ville de labeur, sur les berges de la Tet, où la terre nour­
ricière a toujours porté les plus beaux fruits du Roussillon. Le rugby à XIII s'y est enraciné en 1945, à l'initiative d'Henri Rous, que l'on retrouvera plus tard à la présidence du Comité du Roussillon, et de Marcel Raynal. "Il y ont travaillé jour et nuit", confirme Marie-Louise Rous, l'épouse du président fondateur. Ille Xlll était né dans cet élan libérateur qui redon­nait aux treizistes le droit de pratiquer leur rugby. Et malgré deux tentatives, le rugby à XV que pratiquait avant guerre l'U.S. Illoise ne retrouvera jamais droit de cité. L'anticonfor­misme illois n'est pas une légende.
La métairie de la route de Corbère, fief de la famille Rous, devenait de facto le P.C. opérationnel d'Ille XIII.
"Il avait ins­tallé des douches dans le magasin d'expédition que nous tenions alors et je lavais les tenues des joueurs. Les déplace­ments se faisaient en camion, à l'arrière duquel nous instal­lions des planches".

Maurice Margail endossa le maillot d'Ille XIII dès son retour
d'Allemagne, où il passa deux années en captivité. "Les déplacements étaient lointains : Tonneins, Apt, Vedène... Nous partions souvent le samedi et nous revenions le lundi. A ce moment là, Henri Rous m'employait à tailler des arbres".
Maurice Margail formait avec Laurent Xatard, Emile Rougé,
Constant, une excellente ligne de trois quarts. Une équipe où déjà, Sylvain Ménichelli rayonnait de talent, comme il le fera plus tard sous les couleurs de l'USAP puis du Celtic de Paris.
Les années cinquante annonçaient l'embellie d'Ille XIII et l'éclosion de joueurs de talent
: Roger Majoral qui sera inter­national, Jacques Asparo, Vinçent Mestres et Fernand Llaury qui seront champions de France 1955 avec I'USAP, mais aussi avec Ille XIII (1960).

Ille XIII décrochait un titre de champion du Roussillon en 1955, face à Caramany, sur le stade de la distillerie à Millas. Maurice Thibaut, qui portera plus tard les couleurs du LOU garde un souvenir ému de cette époque : "Nous étions morts de faim. Tout le monde voulait jouer. Je revois très bien un dirigeant, Marcel Roig, le sac qu'il portait sur le dos et qui contenait chaussures et maillots. Il le vidait au milieu du ves­tiaire et nous nous arrachions comme des voleurs les mail lots, car les treize premiers habillés jouaient. Un jour je me suis retrouvé avec une chaussure en 45 et une autre en 43, mais je n'ai rien dit, malgré la douleur que cela occasionnait, carie n'ai pas voulu être remplacé."
Maurice et son frère Jacques, qui portera plus tard les cou­
leurs de l'USAP et du Galia Club Perpignanais, se souvien­nent avec nostalgie des troisièmes mi-temps : "Après le match nous nous retrouvions au Café Soubra. Chaque joueur avait un bon pour une consommation. Le patron offrait une bouteille d'Aglya, puis nous filions à la salle des fêtes où se produisaient les meilleurs orchestres : Aimé Barelli, Fred Edisson, Philippe Brun...".
A l'orée des années
6o, le blé qui lève est un blé de prin­temps, plein d'allant et cette génération ne se refuse rien, deux titre nationaux, trois finales en quatre ans.
Claude Payré, demi de mêlée malin fut un des artisans de
ces succès : "Je me souviens des départs en bus. Un bus tou­jours bien garni où régnait une ambiance joyeuse ; le café du père Soubra; l'angoisse des dirigeants, car il manquait toujours quelqu'un. Des dirigeants comme on n'en fait plus. Il m'a fallu longtemps pour comprendre et admirer ces diri­geants qui nous ont permis de vivre une formidable jeu­nesse. Ille nous appartenait, la salle des fêtes nous était grande ouverte..."

 Cette impression de puissance se traduisait sur la pelouse. La finale du championnat du Roussillon, oppose en 1960 à Elne, dans un stade comble, Ille XIII au Soler. Le titre bascule en fin de rencontre dans le camp Illois. Le score est de 8-5 en faveur du Soler, lorsque sur un ballon perdu en mêlée par les équipiers de Noël Amoros, Vincent Mestres s'échappe derrière sa mêlée et sert l'ailier Fernand Dazit qui file à l'essai. L'arrière Gérard Cribeillet transforme l'essai, sous l'oeil inquisiteur de son père et la bande à Francis Aliés est championne du Roussillon.
Un titre prémonitoire, car Ille XIII se retrouvait en finale du
championnat de France Honneur, à Nîmes, face à une redou­table formation de l'ASPTT de Marseille. Des Marseillais favoris, avec un paquet d'avants impressionnant, une première-ligne : Cruciani-Appélian-Rinaldi qui faisait, ce n'est pas une galéjade, trois fois celle des Illois. Sans aucun complexe, les Catalans bousculent les Marseillais pour mener 10-3. Avant d'affronter un final à suspense : "A cinq minutes de la fin nous menions 10-3. Ils nous plantent un essai litigieux en rampant et reviennent à 10-8", souligne le talonneur Georges Maynaud. La suite est écrite dans le livre d'or : Ille XIII accroche son premier titre national.
Au cours de la saison
1961-62 une nouvelle aventure se dessine. Ille XIII est opposé à Pia en finale du championnat du Roussillon et s'impose 11 à 7.
En Coupe de France, les Illois sortent les "nationaux" de
Villefranche-de-Rouergue (14-12) à Castelnaudary. Le chroniqueur audois fut élogieux : "Cette partie a été une des meil­leures de Jeu à XlII, disputée sur le stade municipal de Castel­naudary. Les deux équipes ont pratiqué un jeu correct et collectif, et emballé le public". Il cita trois joueurs : le capi­taine Robert Maureil, le 2e ligne Léopold Pujol, qui fera en 64­-65 le légendaire doublé avec le S.A. Villeneuve XIII de Jep Lacoste et le pilier Joseph Alvarado. Ce joueur s'illustra encore au cours d'un Marseille -XIII Catalan où, à l'invitation de Roger Majoral et de l'équipe à Jean Dop venue à 12 joueurs, il endossa le maillot phocéen et fut cité homme du match dans le camp marseillais. Il refusa d'ailleurs une offre franche des Marseillais. Son coeur était illois.
Après avoir sorti les Parisiens de Thiais Sarcelle entraînés
par l'Illois Sylvain Ménichelli (14-7), avec quatre essais de Dazit, Alvarado (2) et Llaury, les Maraîchers sont opposés à Carpentras, en finale du championnat de France promotion, sur la pelouse du stade de Rieux-Minervois. Les Provençaux du 3e ligne Rouqueirol opposent une vive résistance aux Cata­lans. Mais c'est Claude Payré qui trouve la solution, en sub­tilisant un ballon derrière la mêlée provençale, pour l'essai de la victoire (3-0).
Le triplé est à portée de ballon la saison suivante (62-63). Une nouvelle finale nationale en 2e division cette fois, s'offre
aux Illois. Le match a lieu le 5 mai 1963 au stade Albert­ Domec de Carcassonne, baigné d'un chaud soleil, dans une ambiance volcanique. L'adversaire est énorme : Le Pontet. Après avoir mené 5-0 à la mi-temps, les hommes du capi­taine Joseph Alvarado perdent leur buteur et pièce maîtresse, Ferrère. Le Pontet revient au score (5-5) et obtient les prolongations qui seront fatales aux Illois (5-10).
Ille XIII connaîtra par la suite des jours moins heureux. Les
juniors seront champions de France 1966-1967, face à Car­cassonne, avec un certain René Terrats, qui fera son chemin dans les rangs de l'A.S. Sainte-Estève.
Plus de 3000 spectateurs au stade Gilbert-Brutus, une recette de 80 330 F, pour une finale du championnat de
France promotion, est un fait d'armes. Ille et Claira ont réussi cet exploit en juin 1980. Ils ont aussi été les maîtres du sus­pense (21-20), un essai de Laurent Serres donnant le titre aux Salanquais dans les arrêts de jeu. Cette équipe entraînée par Jo Bonnet et Marcel Massé avait pourtant réussi un parcours exemplaire en sortant Lescure (33-23), le Coteau (59-o) et une grosse équipe de Villegaillenc en demi-finale à Limoux. Cette finale marquée par un effondre­ment des Illois en seconde mi-temps, alors qu'ils menaient 16-4, reste un très mauvais souvenir. Mais elle fut prenante comme l'écrivait Henri Junca dans "Treize Magazine" : "Dans une rencontre où les temps morts furent pratiquement inexis­tants, Illois et Clairanencs nous ont offert un spectacle de qualité où l'offensive fut reine."

Une incroyable décennie s'esquissait à l'entame des années 9o pour le club "bleu et blanc". A la base, une équipe de juniors fédéraux championne de France à Lézignan, face à Carcassonne (16-6). Le 30 mai 1992, l'Indépendant titrait "Ils sont entrés dans la légende". Et ils allaient y rester.
En effet, l'année suivante, les jeunes illois de Jean-Paul
Margalet et Jean-François Bonnet doublent la mise, en sor­tant Saint-Pierre de Trévizy en huitième de finale (54-14), Corbeil-Essonnes et ses Anglais Ellis, Brook, Spencer et Dremel, en quart de finale au cours d'un match épique sur le pelouse provençale d'Apt (22-10). Toulouges tombe en demi-finale (3o-5) et les Illois devenaient champions de France promotion (92-93), à Saint-Laurent-de-la-Salanque en battant Caudiés-de-Fenouillèdes (21-8) devant 2200 spectateurs.
L'Australien Klaus Perkovic arrivait dans la cité maraîchère au début de la saison 1995-96, l'ancien joueur de South Sydney boucle sa carrière, après des jours heureux passés à Limoux, Pia et au XIII catalan. Il apporte toute son expérience aux Maraîchers qui se retrouvent en finale du championnat de France promotion face aux Tarnais de Les­cure, drivés par Dominique Baloup. Malgré la partie rayon­nante de Francis Gomez, les Catalans s'inclinent d'un rien 17-16.
"Nous avions les jambes pour renverser la situation, car nous sentions que Lescure était usé. Ils étaient d'ailleurs très marqués à l'issue de la rencontre"
se souvient le pilier Stéphane Gomez.

 C'est une finale du championnat de France promotion 100 % catalane qui opposait, le 7 juin 1998 au Barcarès, Ille et Salses, sous les yeux de près de 2000 spectateurs. Deux équipes qui se respectent et se craignent. Le fait du match sera cette mêlée poussée par les Illois, où les Salséens se retrouvent dans leur en-but. Certaines mauvaises langues disent qu'ils auraient même franchi le portail. "C'est à ce moment-là que nous gagnons le match, après cette mêlée, les contacts ne seront plus les mêmes", souligne Stéphane Gomez. Et les hommes de Klaus Perkovic s'imposent (26-­12), à l'issue d'un match âpre où les joueurs d'Alain Serres n'ont jamais rendu les armes. L'accueil à Ille fut fantastique, un évènement dionysiaque sur le Foirail qui se termina à la pointe du jour. Les platanes s'en souviennent encore.
Les Illois atteignaient une dixième finale nationale au cours de la saison 1998-99. Ils sont montés cette année-là en Nationale 3 et sortent en demi-finale une étonnante équipe de Foix (28-14). La finale a lieu le 6 juin 1999 à Lézignan face à une ambitieuse formation de Montpellier. 1500 spectateurs ont pris place dans le vénérable stade du Moulin, où les Illois émoussés vont passer à la trappe (30-15), malgré l'exem­plaire Bernard Llong, face à des Héraultais imprenables ce jour-là comme le raconte Stéphane Gomez : "Nous n'avons jamais pu résoudre les problèmes posés par cette équipe et notamment celui des frères Cabas."
Dans cette décennie où tout coulait comme une source de
printemps, chaque saison amenait son lot de joies dans la cité maraîchère. Ille XI II accédait au cours de la saison 1999-2000 au groupe B et les faits d'armes vont se succéder. Les Illois atteignent les huitièmes de finale de la Coupe de France Lord Derby et reçoivent Lézignan au stade Jean-Galia. 2500 spec­tateurs ont pris place dans l'arène. Toute la vallée de la Tet est venue rêver aux exploits des "bleu et blanc", du jamais vu à Ille-sur-Tet. Les jeunes Illois de Bernard Liong vont sortir un grand match. A la mi-temps les Meuniers sont dans le doute. Les Illois mènent 8-6, mais les hommes du capitaine interna­tional Thierry Valéro, sont obligés de se rebiffer et envoient les Grandjean, Piva, Kirkland, Ferrères pilonner l'héroïque défense illoise, qui cède en fin de match (34-14). 
Cette même année, les Maraîchers flirtent avec une autre coupe, la coupe de France Fédérale Albert Falcou. Ils sont opposés en finale à Sainte-Livrade, le 11 juin 2000 au stade Albert-Domec de Carcassonne. Sous une pluie persistante et une pelouse noyée d'eau, les Maraîchers s'inclineront (8-4).
Sur leur lancée, l'année suivante, les Illois se retrouvaient en finale du championnat de France de nationale 2 au stade Jean-Laffon face aux Audois d'Homps. Après avoir mené 5-0 à la mi-temps, ils s'inclinent dans la grisaille ambiante 12-5, sans avoir donné le coup de reins nécessaire pour décrocher
le titre.

Alors blasés les Illois ? Pas encore et ils en redemandent. Ils se retrouvaient une nouvelle fois en finale du championnat de France de nationale 2 au cours de la saison 2001-2002. Le match a lieu au stade de l'Aiguille à Limoux face au Cabardés. Les Illois dirigés par Paquito Cordoba imposent un gros défi physique aux Audois, mais encore 4 essais contre trois péna­lités. 20-6, les catalans devenaient champions de France pour la 7e fois dans l'histoire du club.
"Je suis heureux de tout ce bonheur, nous confiait José Colchéro. J'ai tellement d'émo­tion pour Bernard Llong, pour tous les amis. Je savais à la m-i­temps que nous ne devions pas perdre cette finale. C'est historique."

Mais l'histoire se répète en 2006. Les Illois qui sortent d'un hiver souffreteux vont avoir une réaction d'orgueil, autour de Patrice et Mathieu Calmon, la troisième génération au sein du club après Sébastien et Jacques. Ils finissent la saison en trombe, avec une incroyable série de cinq victoires qui les relance dans la course au titre. La finale au Barcarès oppose les Illois à Caunes-Minervois. Un match âpre, heurté où ils gardent toujours la clef de la rencontre et s'imposent (26-16).
Dans cette équipe championne de France promotion, trois joueurs ont été de toutes les campagnes depuis dix ans Gérald Fabrégas, Stéphane Verne et Patrice Mas. Ils ont tra­versé cette flamboyante décennie. Ils symbolisent cette incroyable aventure humaine qu'est l'histoire d'Ille XIII depuis 1945.

 

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Bibliographie : Hervé Girette & Olivier Alvarado
"Une histoire du Rugby à XIII en Roussillon"
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