
Jean Galia
Jean Galia, un homme dans son siècle
Au-delà du sportif
complet qu'il était, jean Galia était aussi un leader, un homme d'affaires
rigoureux qui a très tôt compris tout le bien
qu'il pouvait tirer de ses qualités.
Il est celui par qui le rugby à XIII est arrivé en France. Sans lui, ou encore
Victor Breyer, sans les erreurs de la
Fédération Française de Rugby à XV, la France
serait sans doute comme
l'Espagne, une terre inconnue pour le rugby à XIII.
Les
treizistes seront toujours redevables auprès de Jean
Galia, d'avoir donné racine à ce rugby à XIII qui, par sa spontanéité,
sa clarté, sa dimension physique, sa générosité, ses
règles simples, ouvre la porte au jeu. Cela même si l'on s'est
trop souvent nourri d'utopie, pour masquer la faiblesse du
rugby à XIII hexagonal.
Jean Galia est né le
20
mars 1905 à Ille-sur-Tet, dans la
maison familiale située avenue Pasteur, à la croisée des
routes de Thuir et de Perpignan, où ses parents tiennent un magasin d'expédition
de fruits et légumes. Tout un symbole
pour celui qui va se retrouver près de
3o
ans plus tard à la croisée des chemins
d'ovalie.
Fernand Périé, romancier illois, garde en mémoire les
moments partagés avec Jean Galia, notamment chez Hyacinthe
Aubert, ailier talentueux et fantaisiste de l'US
illois :
"Hyacinthe avait aménagé une véritable salle
de sport dans sa grange et dans son
jardin. Nous avions accès à toutes les
disciplines athlétiques : agrès,
cordes, poids, nous pratiquions aussi
l'athlétisme et la boxe. J'ai été un des
élèves de Jean Galia, qui fut d'ailleurs champion de France
de boxe amateur en battant Platner. Il m'a
appris à boxer avec Abdon Cassa qui
deviendra plus tard général des sapeurs-pompiers de Paris. Galia m'a
appris une chose terrible, savoir boxer sans
se faire de mal. Et il me bottait les fesses, car il était très coléreux.
Ses parents étaient expéditeurs en fruits et
légumes et possédaient le seul camion qu'il y avait à Ille. Sa mère était
l'austérité même. Elle vendait les
pêches au marché. C'était une maîtresse femme."
C'est sur le terrain Batlle, délimité par le canal de Thuir et la
route de Prades, que mas
quait la silhouette des cyprès, à
portée de drop de l'actuel stade Jean-Galia,
que Jean Galia connaît ses premiers
émois rugbystiques. L'US Illoise y
anime les rendez-vous dominicaux. Jean Galia porte l'espace
de quelques matches le maillot de l'US Millas.
C'est là qu'Ernest Camo, champion de
France en 1925 avec l'USP le découvre.
"Ce fut dans les années 1928-1929 que je
fis véritablement
connaissance avec celui qui allait devenir mon grand ami. Quelques années
auparavant, je l'avais vu jouer dans l'équipe
de rugby du canton. J'assistais donc à ce
match, un dimanche après-midi, en compagnie
de mon frère Edouard. Je remarquais
particulièrement un jeune homme grand qui instrumentait dans la ligne d'avants. Son jeu
n'avait pas encore la classe d'un prince du
rugby, mais il jouait en connaisseur et
sa façon d'opérer me plaisait. Son
adresse pour se saisir du ballon à la touche, sa manière de
foncer avec maîtrise et son art de passer son
ballon à bon
escient, me séduisaient.".
Champion de France de boxe amateur
Sportif complet, athlétique (1,8o m, 85 kg), Jean Galia pratiquait
donc la boxe. Son cousin Sébastien Galia se souvient
de
quelques rendez-vous musclés
:
"ll
était fort, nous allions
chez lui et nous mettions les gants et il voulait qu'on frappe.
C'était une force de
la nature."
Il
concrétise son talent en devenant
champion de France amateur chez les lourds. Lorsqu'il
rejoint Villeneuve-sur-Lot, il pratique l'aviron, aux côtés de
Jean Barres, avec autant d'aisance que lorsqu'il enfilait les gants ou se jouait
d'une défense adverse.
"Tout sortait naturellement
chez lui. Il avait ça ancré."
assure Sébastien Galia.
On le disait altier, abrupt, mais fidèle en amitié. Intelligent et lucide,
l'homme était d'une rare élégance et doué pour les affaires. Il avait un goût
prononcé pour les belles voitures.
Lors de son service militaire chez les aérostiers à Toulouse,
il porte les couleurs du TOEC.
Et celui qui va devenir un des meilleurs avants d'Europe
vit les portes de l'Union Sportive Perpignanaise se
refermer de manière peu courtoise. Un dirigeant influent
de
l'USP pria Ernest Camo, lors d'un entraînement au
stade Jean-Laffon, de ne plus amener son ami
:
"Ne le fais
plus venir".
Ce
dirigeant ajoutait en catalan
:
"Es
pas
camat".
Ce qui n'empêchera pas
Ernest Camo de retrouver jean Galia quelques
années plus tard, pour une autre aventure à Villeneuve-sur-Lot et l'Illois de
faire une belle
carrière internationale.
Les belles années de l'US Quillan
L'été 1926 est placé sous le signe du Tour de France à Perpignan. Le jeudi 8
juillet, le Belge Lucien Buysse de l'équipe
Automoto
gagne l'étape Luchon-Perpignan, après 14o km
d'échappée, et fait basculer le Tour de France.
Un été décisif pour Galia. Le chapelier quillanais jean
Bourrel débauche des joueurs de l'USP et des Quins, afin de
renforcer le club de la Haute Vallée de l'Aude. Jean Galia
passe aussi la Pierre-Lys et sera de l'aventure pour 80000
francs-or. Alors que l'amateurisme marron règne en coulisse,
Jean Bourrel et l'US Quillan ont une autre idée du rugby, qui
fera grand bruit et suscitera des jalousies.
Entraînée par Gilbert Brutus, l'Union Sportive Quillanaise
va
connaître trois saisons prolifiques. Jean Galia, Ernest
Camo et Gilbert Brutus effectuent chaque jeudi, en voiture,
les déplacements dans l'Aude. Dans la promiscuité du véhicule,
ils nouent une grande amitié.
"Dans l'après-midi nous prenions part à l'entraînement de l'équipe, pour
repartir de
la sous-préfecture de l'Aude le soir. Que d'agréables souvenirs
me rappellent aujourd'hui ces voyages, avec les discussions
passionnées qui s'engageaient avec mes excellents
amis durant le parcours sur cette route, qui
serpente très plaisamment à travers
deux départements limitrophes, en longeant
pendant des kilomètres le cours sinueux et pittoresque
de l'Aude."
Le 6 mai 1928, Quillan s'incline en finale du championnat
de
France de
1re
division, à Toulouse, face à la Section
Paloise
:
6 à 4.
Le 19 Mai 1929, Quillan devient champion de France à Toulouse,
en battant le FC Lézignan
11
à 8 et ramène le
"Brennus" dans la cité des Trois Quilles. Une finale qui fut
particulièrement
violente.
International dix-neuf fois
Le 18 mai 1930, au Parc Lescure à Bordeaux, Quillan est une
nouvelle fois au pied du bouclier de Brennus, mais s'incline
(4-o)
face au SU Agen.
Durant la période quillanaise de 1926 à 1931, Jean Galia
porte 19 fois les couleurs de l'équipe de France
:
Angleterre,
Allemagne (2) en 1927
; Ecosse, Nouvelles Galles du
Sud, Irlande, Angleterre en 1928
; Irlande, Angleterre, Allemagne
en 1929 ;
Écosse, Irlande, Angleterre, Allemagne, Pays
de Galles en 1930 ;
Écosse, Angleterre, Pays de Galles Allemagne en 1931. Il est reconnu par les Britanniques comme le
meilleur avant
d'Europe.
La scission entre la Fédération
Française de Rugby (FFR) et l'Union
Française de Rugby Amateur (UFRA),
créée le 24 janvier 1931, se déroule
dans un climat délétère. 12 grands
clubs dont l'US Perpignan quittent la
FFR. Le 31 mars 1932 les Britanniques
suspendent la FFR de toutes rencontres
internationales. Il en sera ainsi
durant près de huit ans. La "Perfide
Albion" est en train de préparer le terreau
qui va permettre au rugby à XIII
d'éclore en France.
Jean Galia a quitté l'US Quillan, avec
son ami Ernest Camo, pour rejoindre
le CA Villeneuve, où il retrouve le pilier
international
de
Villeneuve-de-laRaho,
Camille Montade, qui fut champion
de France avec l'USP en 1925.
Située sur les bords du Lot, Villeneuve-sur-Lot
est
une
ville
qui
prospère autour du pruneau et de
l'industrie
agroalimentaire. Sous l'impulsion du
maire et
conseiller général, Georges Bordeneuve, la
riante cité lot-et-garonnaise veut se
doter d'une équipe de haut niveau. Elle
possède déjà un "bijou" du nom de Max Rousié
; le Marmandais (15 sélections 1935-1938
fut le joueur le plus doué de la
génération treiziste.
Camille Montade sera l'initiateur du rapprochement avec
Jean Galia et Ernest Camo. C'est lui qui fera le déplacement
en
Roussillon avec un dirigeant villeneuvois afin de sceller le
destin de Jean Galia.
Le rendez-vous a lieu au Casino de Canet-plage. Les jeux
sont faits. Les affaires sont les affaires, jean Galia et Ernest
Camo ouvrent à Villeneuve un magasin de chapellerie et d'articles
de sport, situé au 34, rue de Paris. Galia ouvrira par la suite des salles de
cinéma à Villeneuve : le "Ciné Palace" et
"L'Olympia", puis le "Fantasio"
à Toulouse.
René Verdier, ancien collaborateur de Sud-Ouest, de la
Dépêche du Midi, et correspondant
de
"L'Indépendant"
auteur de
"L'épopée du
13
vert" garde en mémoire le regard
des Villeneuvois sur ce joueur d'exception :
"C'était un homme élégant. Il changeait de
costume trois fois par jour. Il ne
buvait pas d'alcool. Lorsqu'il passait au Café des Négociants, il prenait une infusion, mais il ne
mettait jamais la main à la poche.
Par contre il ne lésinait pas sur le
luxe des ses voitures
: une
Bugatti, une Nash, une Alfa Roméo,
autant de trésors qui ont étayé sa
légende, comme cette panthère
qu'il aurait adoptée."
A Villeneuve, Galia assure le spectacle, sur et hors de la pelouse. "Lorsqu'il composait l'équipe, il faisait un va-et-vient, les mains dans le dos, depuis la Porte de Paris jusqu'aux grands boulevards, accompagné de Raoul de Péricot, du docteur Léon Vinson. Il avait des domestiques qui étaient chargés de lui amener la voiture à la Porte de Paris lorsqu'il souhaitait partir : 'Monsieur jean votre voiture est avancée'. Il était aussi un excellent rameur au sein de l'Aviron Villeneuvois."
L'affaire Noguères éclate
Au
cours de la saison 1931-32, François Noguères, qui
effectue son service militaire à Agen, porte les couleurs du CA Villeneuve. Au
terme de son incorporation il regagne le
Boulou et retrouve son
club d'origine l'Union Sportive Perpignanaise,
dont Marcel Laborde est l'animateur. En début d'année 1933
il y brille particulièrement.
Jean Galia et Camille Montade ont toujours un oeil sur
François Noguères. Ils contactent le Boulounenc. Eclate alors
une affaire digne d'un roman d'espionnage. Un télégramme
adressé à François Noguères est intercepté. Il y est question
de "Frais de déplacement" et il est signé Jean.
"Une fois mon service militaire à Agen terminé, Jean Galia
était venu me voir pour que j'aille le rejoindre à Villeneuve.
Bien sûr qu'il y a eu un échange de correspondance entre
nous, et un télégramme fut intercepté par les dirigeants de
l'USP
peu désireux de me laisser partir"
déclarait François
Noguères dans "XIII Catalan, Cinquante ans d'épopée".
Et d'ajouter
: "C'est
ainsi que Maurice Vails (secrétaire de
l'USP) me lança sur le quai de la
gare :
Ne t'en va pas ou tu seras
disqualifié. Je rebroussai chemin, défis mes valises et
ré-enfilai le maillot de l'USP,
pas pour longtemps d'ailleurs..."
Marcel Laborde qui, par un curieux hasard, deviendra l'allié
de
circonstance de Galia quelques mois plus tard, exhibe
fièrement ce télégramme.
Laborde, dit le "lapin", s'apprête à vivre des lendemains difficiles, mais il ne
le sait pas encore. Jean Galia, François
Noguères et les dirigeants du CAV sont
radiés ipso facto.
Secoué par l'affaire Noguères, mais pas abattu, Jean Galia
prépare son retour. Sa
forte personnalité reprend le dessus. Il
comprend rapidement que le rugby à XIII a sa place dans le
paysage rugbystique français.
Le 31 décembre 1933,
il
assiste à la première rencontre de
rugby à XIII sur le sol français. Elle a pour cadre le stade Pershing
à Paris où, dans un froid glacial, devant 20
000
spectateurs,
l'Australie bat l'Angleterre 63 à 13.
Galia est sous le charme de ce qu'il vient de voir. Il se confie
à
son ami Ernest Camo
: "Ernest
me disait-il, c'était magnifique, des
envolées splendides, des combinaisons magistrales,
des renversements d'attaque, tout cela c'est le rugby à
XIII. Un rugby pareil ça ne se décrit pas,
ça se déguste comme un mets rare.
Aussitôt qu'on l'aborde, on reste perdu d'admiration.
Il n'est qu'adresse, élégance, intuition, imagination,
virtuosité. Il se prête aux combinaisons les plus subtiles. Les
passes croisées fusent
dans tous les angles.
De tels joueurs, une telle forme d'assurance et de technique,
c'est à ne pas y croire. Pourtant ça existe. je l'ai vu de
mes yeux vus
!".
Les "Galia Boys" s'envolent pour l'Angleterre
Après de tels propos, on a du mal à croire que le Catalan
d'Ille-sur-Tet ne puisse être l'homme de la situation, l'homme
à
qui la Rugby League va faire totale confiance. Tout comme
à
Victor Breyer, qui sera le binôme de Galia pour démarrer cette aventure.
Jean Galia leur rendra cette confiance, grâce à un travail de
tous les instants, un investissement total.
Jouant de son charisme, de ses connaissances, de son sens
des affaires, il va sillonner les routes de France, au volant de
son Alfa Roméo ou de sa Nash au long capot. Il effectua de
longs et harassants déplacements à Chalon-sur-Saône pour
y
rencontrer Antonin Barbazange. A Oyonnax (Jura) où il resta
trois jours afin de convaincre Charles Mathon.
Galia sait qu'il doit faire vite. La FFR voit d'un très mauvais
oeil l'éclosion du rugby à XIII en France. Elle fulmine contre
ceux qu'elle a longtemps couvés sous son manteau. Elle
interdit les terrains, menace ceux qui porteront assistance
aux treizistes. Mais tout le paradoxe de cette affaire, c'est que les
"Orthodoxes" eux-mêmes ont créé cette "hérésie",
ce
rugby parfait qui épouse plein nez les contours du pays cathare. Ce n'est pas un
hasard. Les treizistes connaîtront
leur Montségur le 19 décembre 1941...
Galia bat le rappel de ses amis, de ses connaissances, pour
composer une sélection qui doit partir pour l'Angleterre.
L'équipe composée a fière allure
:
Jean Galia (C.A.
Villeneuve),
François Recaborde (Section Paloise), jean Duhau (S.A.
Bordelais), Robert Samatan (S.U.
Agen), Joseph Carrère (R.C.
Narbonne), Maurice Porra (Lyon O.U.),
Georges Blanc (Capbreton), Charles
Petit (S.L. Nancy), Charles Mathon
(Oyonnax), Laurent Lambert (Avignon), Antonin Barbazange
(Roanne), François Noue[ (S.A.
Bordelais), Jean Cassagneau
(Espéraza), Gaston Amila (Lézignan), Jean-Marie Vignal (Toulouse), Henri Dechavanne (Roanne), Lolo Fabre (Lézignan).
Ces 17 pionniers baptisés les "Galia' boys" effectuent une
tournée début mars
1934 en Angleterre. Le 6 mars à Wigan,
ils sont battus (30-27) avec deux essais de
Galia. Itou le 8 mars à White City par
les "London Highfield". Le 14 mars par
Leeds. La sélection française affronte une sélection de la
Rugby League, le 17 mars, à
Warrington, et s'incline 32 à 16.
Les Français sont éprouvés par la rapidité de ce rugby, mais
ils obtiennent un premier succès, le 24 mars à Hull (26-23), et s'inclinent en
fin de tournée à Salford (35-15).
6 avril 1934,une date clef pour le rugby à X111
C'est le 6 avril
1934 que les statuts de la Ligue Française de
Rugby à XIII sont déposés à la Préfecture de police de
Paris et c'est un Breton, François Cadoret,
député-maire de Riec-sur-Belon, qui en
devient le président. Jean Galia est
membre du comité directeur. Le premier acte concret de cette
ligue, est l'organisation le 15 avril 1934
au Stade vélodrome Buffalo, dirigé par
Victor Breyer, d'un France-Angleterre qui
fait stade comble.
Comme un ressort, le rugby à XIII se dresse sur l'Hexagone.
Une sélection du Yorkshire arrive en France début mai et dispute
cinq rencontres à Lyon, Paris, Villeneuve-sur-Lot, Bordeaux
et Pau.
C'est dans les salons de l'Hôtel Gache, à Villeneuve-sur-Lot
à
l'issue de la rencontre opposant Villeneuve à une sélection
du
Yorkshire, disputée au stade du Pont-du-Marot devant
10000
spectateurs, où Max Rousié joua son premier match à
XIII, que Jean Galia annonce officiellement sa décision de poursuivre
son aventure à XIII.
"Le dépôt des statuts était antérieur, Jean Galia avait dit oui, mais attendez
!
C'est d'ailleurs pour ça
qu'il n'avait pas pris Max Rousié pour la
tournée en Angleterre.
Maintenant nous pouvons partir, dira-t-il"
raconte René Verdier.
Nous étions le 6 mai
1934, Marcel Laborde était dans la salle, intéressé par ce qu'il venait
d'entendre.
Car à Perpignan se joue dans l'arrière-scène une drôle de
guerre. L'Union Sportive Perpignanaise et
les Quins fusionnent le 5 mai 1933
pour devenir l'USAP. Les Quins imposent comme
condition à cette fusion l'exclusion de
Marcel Laborde. Un coup dur pour "le lapin" qui jusqu'alors a été de toutes les campagnes.
N'oublions pas qu'il fut de la première fusion en 1909
entre clubs perpignanais sous le sigle ASP,
puis d'une nouvelle
fusion en 1919 entre l'ASP et le SOP, qui deviennent l'USP
L'intrigue menace à Perpignan
L'ancien demi de mêlée de l'Association Sportive Perpignanaise
n'en resta pas là. Sur le pavé de la Loge, depuis les
arcades du Café de France, sous le couvert de la Barre,
jusqu'à la rue des Trois-Journées, l'intrigue menace.
Jean Galia l'excommunié et Marcel Laborde laissé pour
compte se retrouvent sur le même terrain. Galia n'hésite pas
à
taire quelques veilles querelles. Il connaît la valeur de
Marcel Laborde. Laborde est au centre de la création d'un
nouveau club, l'Association Sportive Perpignanaise (ASP),
qui est composée d'anciens membres de l'USP, avec à leur
tête Jean Durand, Joseph Lloanci et le docteur Gaston Banet.
Marcel Laborde a pignon sur rue depuis la Chambre de
commerce où il joue de son charisme et de ses réseaux d'influence.
Il suit l'évolution du rugby catalan, dans lequel il va
rapidement replonger. Il est sollicité par ses amis de l'ASP,
dont les statuts ont été officialisés le 27
juin 1934, et il
adhère à l'ASP le 7 juillet 1934.
Entre deux rebonds, le Tour de France est au centre des
conversations. René Lapébie s'impose le mercredi 18 juillet
dans l'étape
Montpellier-Perpignan. Antonin Magne porte le
maillot jaune. L'étape Perpignan-Ax-les-Thermes est
marquée par le sauvetage du jeune René Vietto (2o ans) qui
offre sa roue à Magne et s'effondre en pleurs
sur un muret de pierres. Tonin gagne
le Tour 1934. Vietto entre dans l'histoire.
Dans la chaleur estivale et sur la braise ardente du rugby
roussillonnais, Jean Galia va venir attiser le feu. Il entre en
contact avec le docteur Gaston Banet et Marcel Laborde, et leur propose
d'intégrer la Ligue Française de rugby à XIII.
Naissance du XIII Catalan le 24 août 1934
A
l'issue de cette entrevue, où Banet et Laborde imposent
comme condition sine qua non le retour de François
Noguères, Aimé Bardes, Martin Serre et Dafis, de Villeneuvesur-Lot
à Perpignan, l'ASP tient une assemblée générale le
24
août
1934
au Café de la Poste. Avec sa verve habituelle,
Marcel Laborde rend compte de l'entrevue avec Jean Galia. Il
argumente et convainc. En cette fin de soirée historique,
l'ASP
quitte le giron quinziste. Le XIII Catalan est créé. Il portera
le maillot blanc comme les neiges du Canigou, écussonné
du losange sang et or.
Villeneuve-sur-Lot, avait franchi le premier pas autour du
docteur Vinson. Dans le sillage de Galia, Georges Bordeneuve
(il sera plus tard sénateur, Ministre des Beaux-Arts,
Ministre de l'Instruction Publique) avait entraîné tout le CAV,
qui devenait le Sport
Athlétique Villeneuvois XIII, dont jean
Galia sera le
capitaine-entraîneur.
L'énorme activité de Jean Galia permet au premier championnat
de France de rugby à XIII de débuter en octobre 1934.
Les
1o
clubs pionniers sont :
Paris Rugby XIII, Union Sportive
Lyon-Villeurbanne, Racing Club de Roanne,
XIII Catalan, Racing Club Albigeois,
Sport Athlétique Villeneuvois, Pau XIII,
Côte Basque XIII, Bordeaux
XIII, Stade Olympique Biterrois.
Des stades sortent de terre
Le
plus gros problème que vont rencontrer les treizistes
sera de trouver des installations sportives. L'histoire est un
éternel recommencement puisqu'en 2006, les Dragons Catalans
ont connu les mêmes déboires. A Perpignan, Albi,
Bayonne, la Ligue Française de Rugby à XIII se voit interdire
l'accès aux terrains. Les treizistes pestiférés se prennent par la main, des
stades sortent de terre et voient le jour en quelques semaines, sur des
terrains incultes aux périphéries des
villes.
A Perpignan, une centaine d'abricotiers au nord de la ville
en feront les frais. Les
dirigeants-terrassiers y travailleront
jusqu'à la pointe du jour, afin d'y recevoir
dans la journée le club anglais de
Salford. Les Catalans prendront 52 points sur
un stade poussiéreux balayé par la
tramontane, mais le jeu pratiqué, le
succès populaire et l'imposante recette
(52 000 F) vont
galvaniser les pionniers.
Le premier titre de champion de France est décerné aux
points au cours de la saison
1934-1935 et ce sont les Villeneuvois du capitaine-entraîneur Jean Galia qui se
montrent
les
meilleurs.
La saison
1935-1936 voit le RC. Narbonne, le CA. Brive,
le SU. Cavaillon et l'AS.
Carcassonne rejoindre le giron treiziste. Le
XIII Catalan élimine Roanne en demi-finale
(14-12). Dans l'autre demi-finale, Bordeaux
élimine LyonVilleurbanne (6-5).
La finale a lieu chez les Bordelais au Parc de Suzon, où
20000 spectateurs ont pris place pour une recette de
100 000 F.
L'équipe est composée de : Noguères, Azais,
Lavagne, Bosch, Suarez (o), Tintin
Saltraille (m), Ascola,
Martin-Serre, Triquéra, Bruzy, Sayroux, Quéroli, Maurel.
Le XIII Catalan bat Bordeaux (24-14) en inscrivant 5 essais
de Bosch, Maurel, Lavagne et Triquéra
;
Bosch y ajoute les
transformations et fut le réalisateur de la
rencontre avec 16
points à son actif.
Le but de Jean Galia est désormais atteint. Le Rugby à XII I
est implanté dans
l'Hexagone. il y a mis tout son temps, tout
son savoir-faire. Les stades sont pleins. Le spectacle est
total. C'est
ce
rugby-là qu'il
souhaitait
déjà
en
1930 : "L'avenir
appartient aux jeunes, aux joueurs de demain qui, fortifiés parles leçons
du passé, améliorés dans une technique plus moderne, sauront soutenir la réputation
de leurs aînés et faire flotter haut et
souvent encore, les couleurs de
France aux mâts d'honneur dressés sur les stades européens".
ILLE XIII
Ille sur Tet, le creuset du rugby a XIII
Entre Ille-sur-Tet et le rugby à XI I I, c'est une longue
histoire. L'histoire tout
court, avec ce lien filial au père spirituel, jean Galia, né au 38, avenue Pasteur
à Ille sur Têt, le 20
mars 1905.
Ville de labeur, sur les berges de la Tet, où la terre nourricière
a toujours porté les plus beaux fruits du Roussillon.
Le rugby à XIII s'y est
enraciné en 1945, à l'initiative d'Henri Rous, que l'on retrouvera plus tard à la présidence du Comité
du Roussillon, et de Marcel Raynal.
"Il y
ont travaillé jour et
nuit",
confirme Marie-Louise Rous, l'épouse du président
fondateur. Ille Xlll était né dans cet élan
libérateur qui
redonnait aux treizistes le droit
de pratiquer leur rugby. Et malgré deux
tentatives, le rugby à XV que pratiquait avant guerre
l'U.S. Illoise ne retrouvera jamais droit de cité.
L'anticonformisme illois n'est pas une légende.
La métairie de la route de Corbère, fief de la famille Rous,
devenait de facto le P.C. opérationnel
d'Ille XIII. "Il
avait installé des douches dans le magasin d'expédition que nous
tenions alors et je lavais les tenues des
joueurs. Les déplacements se faisaient en camion, à l'arrière duquel
nous installions des
planches".
Maurice Margail endossa le maillot d'Ille XIII dès son retour
d'Allemagne, où il passa deux années en captivité.
"Les
déplacements étaient lointains :
Tonneins, Apt, Vedène...
Nous partions souvent le samedi et nous
revenions le lundi.
A ce moment là, Henri Rous m'employait à tailler des arbres".
Maurice Margail formait avec Laurent Xatard, Emile Rougé,
Constant, une excellente ligne de trois quarts. Une équipe où
déjà, Sylvain Ménichelli
rayonnait de talent, comme il le fera
plus tard sous les couleurs de l'USAP puis du Celtic de Paris.
Les années cinquante annonçaient l'embellie d'Ille XIII et l'éclosion de joueurs
de talent :
Roger Majoral qui sera international,
Jacques Asparo, Vinçent Mestres et Fernand Llaury
qui
seront champions de France 1955 avec
I'USAP, mais aussi
avec Ille XIII (1960).
Les treize premiers habillés jouaient
Ille XIII décrochait un titre de champion du Roussillon en 1955,
face à Caramany, sur le stade de la distillerie à Millas. Maurice Thibaut, qui
portera plus tard les couleurs du LOU garde un souvenir ému de cette époque :
"Nous étions morts de faim. Tout le
monde voulait jouer. Je revois très bien un
dirigeant, Marcel Roig, le sac qu'il portait sur le dos et qui
contenait chaussures et maillots. Il le
vidait au milieu du vestiaire et nous nous arrachions comme des voleurs
les mail
lots, car les treize premiers habillés jouaient. Un jour je me
suis retrouvé avec une chaussure en 45 et une autre en 43,
mais je n'ai rien dit, malgré la douleur que cela occasionnait,
carie n'ai pas voulu être remplacé."
Maurice et son frère Jacques, qui portera plus tard les couleurs
de l'USAP et du Galia Club Perpignanais, se souviennent
avec nostalgie des troisièmes mi-temps
:
"Après
le
match nous nous retrouvions au Café Soubra. Chaque joueur
avait un bon pour une consommation. Le patron offrait une
bouteille d'Aglya, puis nous filions à la salle des fêtes où se
produisaient les meilleurs orchestres
:
Aimé
Barelli, Fred Edisson, Philippe
Brun...".
A l'orée des années
6o,
le blé qui lève est un blé de printemps,
plein d'allant et cette génération ne se refuse
rien,
deux titre nationaux, trois
finales
en
quatre ans.
Claude Payré, demi de mêlée malin fut un des artisans de
ces succès
:
"Je
me souviens des départs en bus. Un bus toujours
bien garni où régnait une ambiance joyeuse
;
le café
du père Soubra; l'angoisse des dirigeants, car
il manquait toujours quelqu'un. Des dirigeants comme on n'en fait plus.
Il m'a fallu longtemps pour comprendre et admirer ces dirigeants qui nous ont permis de vivre une formidable jeunesse.
Ille nous appartenait, la salle des fêtes nous était
grande ouverte..."
Un destin national s'ouvre aux Illois
Cette
impression de puissance se traduisait sur la pelouse.
La
finale du championnat du Roussillon, oppose en 1960 à
Elne, dans un stade comble, Ille XIII au Soler. Le titre bascule
en
fin de rencontre dans le camp Illois. Le score est de 8-5
en
faveur du Soler, lorsque sur un ballon perdu en mêlée par
les
équipiers de Noël Amoros, Vincent Mestres s'échappe
derrière sa mêlée et sert l'ailier Fernand Dazit qui file à
l'essai. L'arrière Gérard Cribeillet transforme l'essai, sous
l'oeil inquisiteur de son père et la bande à Francis Aliés est championne du
Roussillon.
Un titre prémonitoire, car Ille XIII se retrouvait en finale du
championnat de France Honneur, à Nîmes, face à une redoutable formation de l'ASPTT de
Marseille. Des Marseillais
favoris, avec un paquet d'avants impressionnant, une
première-ligne
:
Cruciani-Appélian-Rinaldi qui faisait, ce
n'est pas une galéjade, trois fois celle des Illois. Sans aucun
complexe,
les Catalans bousculent les Marseillais pour
mener
10-3.
Avant d'affronter un final à suspense
: "A cinq minutes de la fin nous
menions 10-3. Ils nous plantent un essai litigieux en rampant et reviennent à 10-8",
souligne le
talonneur Georges Maynaud. La suite est
écrite dans le livre d'or
:
Ille XIII accroche son premier
titre national.
Au cours de la saison
1961-62
une nouvelle aventure se
dessine. Ille XIII est opposé à Pia en finale du championnat
du
Roussillon et s'impose
11
à 7.
En Coupe de France, les Illois sortent les "nationaux" de
Villefranche-de-Rouergue
(14-12)
à
Castelnaudary. Le chroniqueur
audois fut élogieux
: "Cette partie a été une des meilleures
de Jeu à XlII, disputée sur le stade municipal de Castelnaudary. Les deux
équipes ont pratiqué un jeu correct et collectif, et emballé le public".
Il
cita trois joueurs : le capitaine
Robert Maureil, le 2e ligne Léopold Pujol, qui fera en 64-65 le
légendaire doublé avec le S.A. Villeneuve XIII de Jep
Lacoste et le pilier Joseph Alvarado. Ce
joueur s'illustra encore au cours
d'un Marseille -XIII Catalan où, à l'invitation
de Roger Majoral et de l'équipe à Jean Dop venue à 12
joueurs, il endossa le maillot phocéen et fut
cité homme du match dans le camp
marseillais. Il refusa d'ailleurs une offre
franche des Marseillais. Son coeur était illois.
Après avoir sorti les Parisiens de Thiais Sarcelle entraînés
par l'Illois Sylvain Ménichelli
(14-7),
avec quatre essais de
Dazit, Alvarado (2) et Llaury, les
Maraîchers sont opposés à Carpentras, en finale du championnat de France promotion,
sur la pelouse du stade de Rieux-Minervois.
Les Provençaux du 3e ligne Rouqueirol
opposent une vive résistance aux Catalans. Mais c'est Claude Payré qui trouve
la solution, en subtilisant un
ballon derrière la mêlée provençale, pour l'essai
de la victoire (3-0).
Le triplé est à portée de ballon la saison suivante (62-63). Une nouvelle finale
nationale en 2e division cette fois, s'offre
aux Illois. Le match a lieu le 5 mai 1963 au stade Albert
Domec de Carcassonne, baigné d'un chaud soleil, dans une
ambiance volcanique. L'adversaire est énorme
:
Le Pontet.
Après avoir mené 5-0 à la mi-temps, les
hommes du capitaine Joseph Alvarado
perdent leur buteur et pièce maîtresse, Ferrère. Le Pontet revient au score (5-5)
et obtient
les prolongations qui seront fatales aux Illois (5-10).
Ille XIII connaîtra par la suite des jours moins heureux. Les
juniors seront champions de France 1966-1967, face à Carcassonne,
avec un certain René Terrats, qui fera son chemin
dans les rangs de l'A.S. Sainte-Estève.
Plus de 3000 spectateurs au stade Gilbert-Brutus, une recette de 80 330 F, pour
une finale du championnat de
France promotion, est un fait d'armes. Ille et Claira ont réussi cet exploit en
juin 1980. Ils ont aussi été les maîtres du suspense
(21-20), un essai de Laurent Serres donnant le titre
aux
Salanquais dans les arrêts de jeu. Cette équipe
entraînée par Jo Bonnet et Marcel Massé avait pourtant
réussi un parcours exemplaire en sortant Lescure (33-23),
le Coteau (59-o) et une grosse équipe de Villegaillenc en
demi-finale à Limoux. Cette finale marquée par un effondrement
des Illois en seconde mi-temps, alors qu'ils menaient
16-4, reste un très mauvais souvenir. Mais elle fut prenante
comme l'écrivait Henri Junca dans "Treize Magazine"
:
"Dans
une rencontre où les temps morts
furent pratiquement inexistants, Illois et Clairanencs nous ont offert
un spectacle de qualité où l'offensive fut reine."
Ille XIII tutoie les sommets
Une
incroyable décennie s'esquissait à l'entame des
années 9o pour le club "bleu et blanc". A la base, une équipe
de juniors fédéraux championne de France à Lézignan, face à
Carcassonne (16-6).
Le 30 mai 1992, l'Indépendant titrait
"Ils sont entrés dans la légende".
Et ils allaient y
rester.
En effet, l'année suivante, les jeunes illois de Jean-Paul
Margalet et Jean-François Bonnet doublent la mise, en sortant
Saint-Pierre de Trévizy en huitième de finale (54-14),
Corbeil-Essonnes et ses Anglais Ellis, Brook, Spencer et
Dremel, en quart de finale au cours d'un match épique sur
le pelouse provençale d'Apt (22-10). Toulouges tombe en
demi-finale (3o-5) et les Illois devenaient champions de
France promotion
(92-93), à Saint-Laurent-de-la-Salanque en
battant Caudiés-de-Fenouillèdes (21-8) devant 2200
spectateurs.
L'Australien Klaus Perkovic arrivait dans la cité maraîchère
au début de la saison 1995-96,
l'ancien joueur de South
Sydney boucle sa carrière, après des jours
heureux passés à Limoux, Pia et au XIII catalan. Il apporte toute son
expérience aux Maraîchers qui se retrouvent
en finale du championnat de France
promotion face aux Tarnais de Lescure,
drivés par Dominique Baloup. Malgré la partie rayonnante de Francis Gomez, les
Catalans s'inclinent d'un rien 17-16.
"Nous avions les jambes pour
renverser la situation, car nous
sentions que Lescure était usé. Ils étaient d'ailleurs
très marqués à l'issue de la rencontre"
se souvient le
pilier Stéphane Gomez.
Une mêlée titanesque
C'est
une finale du championnat de France promotion
100 % catalane qui
opposait, le 7 juin 1998 au Barcarès, Ille
et Salses, sous les yeux de près de 2000 spectateurs. Deux
équipes qui se respectent et se craignent. Le
fait du match sera cette mêlée poussée
par les Illois, où les Salséens se retrouvent dans leur en-but. Certaines
mauvaises langues disent qu'ils
auraient même franchi le portail. "C'est à ce
moment-là que nous gagnons le match, après
cette mêlée, les contacts ne seront plus les mêmes",
souligne Stéphane
Gomez. Et les hommes de Klaus Perkovic
s'imposent (26-12), à l'issue d'un match âpre où les joueurs d'Alain Serres
n'ont jamais rendu les armes. L'accueil à Ille fut fantastique,
un évènement dionysiaque sur
le Foirail qui se termina à la pointe du jour. Les platanes s'en souviennent
encore.
Les Illois atteignaient une dixième finale nationale au cours
de
la saison 1998-99. Ils
sont montés cette année-là en
Nationale 3
et sortent en demi-finale une étonnante
équipe de Foix (28-14). La finale a
lieu le 6 juin 1999 à Lézignan face à une
ambitieuse formation de Montpellier. 1500
spectateurs ont pris place
dans le vénérable stade du Moulin, où les Illois
émoussés vont passer à la trappe (30-15),
malgré l'exemplaire Bernard
Llong, face à des Héraultais imprenables ce
jour-là comme le raconte Stéphane Gomez :
"Nous n'avons jamais pu
résoudre les problèmes posés par cette équipe et
notamment celui des frères Cabas."
Dans cette décennie où tout coulait comme une source de
printemps, chaque saison amenait son lot de joies dans la cité
maraîchère. Ille XI II accédait au cours de la saison 1999-2000 au
groupe B et les faits d'armes vont se succéder. Les Illois
atteignent les huitièmes de finale de la Coupe de France Lord Derby et reçoivent
Lézignan au stade Jean-Galia.
2500
spectateurs
ont pris place dans l'arène. Toute la vallée de la Tet
est venue rêver aux exploits des "bleu et blanc", du jamais vu
à
Ille-sur-Tet. Les jeunes Illois de Bernard Liong vont sortir un grand match. A
la mi-temps les Meuniers sont dans le doute.
Les Illois mènent
8-6,
mais les hommes du capitaine international
Thierry Valéro, sont obligés de se rebiffer et envoient
les Grandjean, Piva, Kirkland, Ferrères pilonner l'héroïque
défense illoise, qui cède en fin de match (34-14).
Cette même année, les Maraîchers flirtent avec une autre
coupe, la coupe de France Fédérale Albert
Falcou. Ils sont opposés en finale à Sainte-Livrade, le
11
juin 2000
au stade
Albert-Domec de Carcassonne. Sous une pluie
persistante et une pelouse noyée d'eau, les Maraîchers s'inclineront
(8-4).
Sur leur lancée, l'année suivante, les Illois se retrouvaient en finale du
championnat de France de nationale 2 au stade
Jean-Laffon face aux Audois d'Homps. Après
avoir mené 5-0 à la mi-temps,
ils s'inclinent dans la grisaille ambiante
12-5, sans avoir donné le coup de
reins nécessaire pour décrocher
le titre.
Alors blasés les Illois ? Pas encore et ils
en redemandent. Ils se retrouvaient
une nouvelle fois en finale du championnat
de France de nationale
2
au cours de la saison 2001-2002. Le
match a lieu au stade de l'Aiguille à Limoux face au Cabardés. Les Illois
dirigés par Paquito Cordoba imposent un gros défi
physique aux Audois, mais encore 4 essais contre trois pénalités.
20-6,
les catalans devenaient champions de France
pour la 7e fois dans l'histoire du
club. "Je
suis heureux de tout ce bonheur, nous confiait José Colchéro. J'ai
tellement d'émotion pour Bernard
Llong, pour tous les amis. Je savais à la m-itemps que nous ne devions
pas perdre cette finale. C'est
historique."
Mais l'histoire se répète en 2006.
Les Illois qui sortent d'un
hiver souffreteux vont avoir une réaction
d'orgueil, autour de Patrice et Mathieu Calmon, la troisième génération au sein
du club après Sébastien et Jacques. Ils
finissent la saison en trombe, avec
une incroyable série de cinq victoires qui les
relance dans la course au titre. La finale au Barcarès oppose
les Illois à Caunes-Minervois. Un match âpre,
heurté où ils gardent toujours la clef
de la rencontre et s'imposent (26-16).
Dans cette équipe championne de France promotion, trois
joueurs ont été de toutes les campagnes depuis
dix ans Gérald Fabrégas, Stéphane
Verne et Patrice Mas. Ils ont traversé
cette flamboyante décennie. Ils symbolisent cette
incroyable aventure humaine qu'est l'histoire
d'Ille XIII depuis 1945.
© Copyright 2008 - 2010
Bibliographie : Hervé Girette
& Olivier Alvarado
"Une histoire du Rugby à XIII en Roussillon"
Webmaster Jacques Brest