EXPO. La Providence s’ouvre à Jean-Emmanuel Parcé.

Jean-Emmanuel Parcé porte beau le nom d’une lignée de vignerons et d’artistes. Mais l’on sait peu de chose de lui, sinon que derrière cette réserve naturelle qui lui sert de paravent, il y a un artiste sensible et généreux qui peint la nuit et arpente les vignes et les caves le jour, de Banyuls à Aniane. Jean-Emmanuel Parcé est un homme de peu de mots, ces émotions il les peint, il les écrit à l’encre de son vin, à l’aune de ses vignes. « Il y a des liens. Dans le travail du vin, il y a une part artistique, qui nous dépasse parfois. L’art c’est plus personnel, ce sont des choses qui se ressentent, alors que le vin c’est un travail collectif ». L’artiste du pays de Maillol a d’abord été formé à la sculpture, avant de peindre. « Je pratique la peinture en autodidacte. Mon grand-père était mécène. J’ai eu l’occasion de contempler ses tableaux. Il m’a donné envie. Térésa Rebull m’a poussé plus loin. Titi Coste m’a aidé à continuer. J’ai été influencé par Maillol pour la sculpture. Toutes ces choses-là m’ont nourri ».

Le travail que présente le Banyulenc à La Providence est une rétrospective de 2006 à 2019. L’artiste s’y révèle par petites touches, se libérant peu à peu des contraintes de la perspective, libérant la couleur, même si des traces expressionnistes persistent. Comme avec cette étrange connivence avec Soutine. « Soutine est un peintre qui m’inspire. On a toujours des influences. On est toujours happé par quelque chose, par ce que l’on a vu ou entendu […] Je suis libre et je me sens créatif. Je suis toujours attiré par le beau, pas par le glauque, mais par la lumière, par la création de contrastes avec le clair-obscur ».

L’exposition sera visible, vendredi, samedi et dimanche, de 17 h à 20 h, jusqu’au dimanche 1er décembre. Sur rendez-vous en appelant le 06 77 45 51 78. La Providence, centre catalan d’art vivant, Casa Descatllar 7, rue de la Petite-Place-de-l’Huile.

L’Indépendant