DOCUMENTAIRE. La Retirada racontée par les enfants de l’exil.

La médiathèque communautaire a souhaité marquer le 80e anniversaire de la Retirada au travers d’un film 1939, les enfants de la Retirada se souviennent, qui a été conçu par Teresa Dalmau et la Casa Samsó, le réalisateur Thierry Bourdy de l’association de production L’œil écoute et Mick Miel d’Images en Têt. Un film conçu avec des témoignages d’enfants de la Retirada : Liberté Aris, Georges Villardell, Gilbert Palau, Joachim et Lydia Vives, Raymonde Parent et Frédéric Montoya et des témoins de cette époque : René Jacomy, Jeannot Mestres et Maurice Thibaut. Un documentaire réalisé en catalan qui fera date, car le silence s’est imposé dans le secret des familles de réfugiés où l’on a surtout pensé à s’intégrer, sans faire de vague, sans pour autant renier ses valeurs. « Ce sont des gens émouvants. Il faut qu’il reste une trace », soulignait Mick Miel. Les souvenirs ne sont pas toujours clairs, mais chacun avec sa sincérité s’est attaché à reconstituer le puzzle de cette histoire, face au micro tendu et à l’écoute attentive de Teresa Dalmau, qui a impulsé le rythme du documentaire, avec en fil rouge le livre de Pere Verdaguer Pagines d’un exili ordinari.

« Difficile d’en parler »

« Ce film nous l’avons construit en hommage à tous les réfugiés passés par la France en 1939. Ici à Ille ce sont 200 personnes. Du coup nous avons voulu parler du 80e anniversaire de cette Retirada. La médiathèque nous a invités. Et c’était bien de le faire avec des témoins. Le plus jeune avait 1 an, le plus vieux 12 ans. Ils ont bien voulu nous raconter. C’est difficile d’en parler. Car à la maison on ne parlait pas. Il s’agit de montrer comment ça s’est passé. C’est loin de représenter la majorité des gens. Ce sont des exemples », soulignait Teresa Dalmau. « C’est un très gros travail, avançait le cinéaste Thierry Bourdy. Il faut enregistrer énormément de matière car les interviews ne tombent pas pile sur les choses les plus intéressantes. Il faut prendre la mesure de leur vécu, de leur âge. Ce qui est intéressant doit apparaître à l’écran. Le gros problème pour Teresa c’est la longueur, elle a eu du mal à faire les choix des contenus. C’est un sujet sensible. Les gens se remémorent un passé fort pour eux. Ils ont tous été marqués ». Un film qui a marqué les esprits, rappelé la douleur de l’exil, la mémoire encore à vif pour certains. Ces histoires intimes sont une pierre de plus au travail entrepris depuis quelques années sur le groupement de travailleurs étrangers, par Dominique Benoît, Jérôme Parilla et l’association Memoria.

Cette mosaïque de témoignages assemblée par Teresa Dalmau, donne une dimension, restitue une vérité, une image cohérente de la violence de cet exil et aux souffrances qu’il a engendré.

L’Indépendant