ART. Nuria Duran Arana coup de cœur de La providence

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ne installation qui fera date tellement Nuria Duran Arana est en parfaite syntonie avec l’environnement et ses sentiments intérieurs. Comme sortie du monde magique de Mary Poppins, elle a déposé ses trois sacs à La providence, pour en extraire une exposition charnelle, textile, tactile, sensuelle, poétique, nourrie par sa mythologie intime. Comme un parcours initiatique dans lequel le spectateur devient acteur, chercheur. Un travail atypique, où les tissus, cordages, structures, cire, peinture, patiemment, transformés, les 5 aquarelles, 6 eaux-fortes, 7 miniatures dialoguent, avec le regardeur dans un décor en 3 D qui s’élève graduellement dans la cage d’escalier idoine de La providence. Dimitri Xato et Christine Campadieu, qui ont tendu la perche à Nuria, ne se seront pas trompés. Cette exposition est habitée à la fois de force et de douceur. Elle instaure un dialogue. Elle se traverse. Se ressent. « Ce qui nous intéresse c’est la recherche artistique, souligne Christine. « C’est une expérience physique […] C’est un voyage intérieur, explique Nuria. Quand tu es bien connecté avec toi-même, tu peux te connecter aux autres, à l’infini. On cherche tout le temps dehors mais c’est dedans que ça se passe […] Un changement s’est opéré dans ma vie et j’ai commencé à coudre. Au début j’ai cousu avec les paysages. Après j’ai commencé à faire des pièces verticales, qui sont comme des humains. Je me suis rendu compte en regardant les paysages que l’art m’aidait à expliquer l’invisible. Avec les personnes c’est la même chose. On voit la géométrie des choses. L’art est un voyage interne. J’ai ressenti que j’allais à l’intérieur des gens. C’est un pont entre l’intérieur de l’un et l‘intérieur de l’autre ». Et Nuria s’enflamme pour expliquer sa démarche, sortant de sa réserve : « Maintenant c’est mon heure. Je suis fatiguée d’être timide. À partir de maintenant je vais communiquer ». C’est fait ! Espace, matière et corps sont réunis à La providence.

À voir jusqu’au dimanche 13 octobre, 7 rue Petite-Place-de-l’Huile, vendredi, samedi et dimanche, de 17 h à 20 h et sur rendez-vous au 06 77 45 51 78.

L’Indépendant