C’est une belle émotion qui attend les amateurs d’art à El taller treize, rue Sainte-Croix, où André Robèr, expose le fruit de son travail hivernal jusqu’à dimanche. Un travail sublimé par l’accrochage réalisé par Gilles Olry. Et la mieux placée pour en parler c’est Béatrice son épouse : « Il me surprend tout le temps. Ce qui est étonnant c’est de voir l’évolution. Ça bouge plus. C’est peut-être moins sombre. Ces peintures ne sont pas angoissantes. Elles véhiculent une émotion ».

André Robèr n’en rajoute jamais : « Il n’y a pas de grande évolution. Je suis toujours dans l’humain et la souffrance. Il y a quelques obsessions classiques. Chacun a les siennes. Il y a un peu plus de couleur ». Au-delà de ce graphisme qui est devenu familier, de ces couleurs qui libèrent son travail, André Robèr aime jouer avec les matériaux.

Comme cette série de sets de tables, les acryliques sur papiers, les huiles sur des sacs postaux, des huiles sur bois. « Je recherche des supports que les autres délaissent ». Et encore ces cinq petits formats en technique mixte, un travail de composition : papier mâché et terre, avec un message en filigrane : « Je les appelle mes petits otages. C’est un clin d’œil à Fautrier ».

L’esprit toujours en éveil

André Robèr ne s’abandonne pas au confort de la facilité. Emprisonné dans la réalité quotidienne, il rêve de liberté. Ses terrains d’expression passent par les arts plastiques, la poésie visuelle et l’édition, où il défend les langues minoritaires. C’est pour lui un stimulus très fort. Le pouvoir des images, des mots. Et s’il transgresse parfois, c’est qu’il n’aime pas vivre dans l’eau tiède. Il n’avance pas avec les événements. Il les crée.

Lui qui donne beaucoup pour les autres, il s’est gardé cette petite semaine pour lui, parce que dit-il : « C’est passionnant. Tant qu’il y aura de la fraternité de vraies rencontres je continuerai ».

L’exposition est ouverte 13, rue Sainte-Croix jusqu’au dimanche 12 mai, de 10 heures à 12 heures et de 15 heures à 18 heures.

L’Indépendant