-
Depuis longtemps, Ille
possède son
petit canon que
tout le monde
peut admirer sur la cheminée de la grande salle du Conseil Municipal, et dont
notre compatriote, Madame Jean BARRERE
née MOULIE a bien voulu nous conter
l'histoire.
-
Ce canon fût forgé vers
l'année 1832 par Monsieur Eloi
DOUTRES,
maréchal-ferrant, dont l'atelier et la forge longeaient la route Nationale entre
la rue du Comte et la route de
Montalba.
-
C'est pour célébrer la
proclamation de la 2° république en 1848 que le canon lança ses premiers "boums
" car Eloi DOUTRES et sa famille étaient d'ardents
républicains.
Hélas, le
canon dût rester
muet tout au long du
second Empire. Il retrouva sa voix dès
1871 et depuis ne cessa de tonner tous les 14 juillet pour fêter la prise de la
Bastille.
-
Les descendants d'Eloi
DOUTRES maintinrent la tradition. Un
des derniers, Antoine
BAUX, notaire, étant décédé en 1928 sans enfants, la Mairie voulut
remettre le canon aux
héritiers, mais sa veuve, négligeant de consulter ses proches, le refusa
disant qu'elle en
faisait don à la ville d'Ille.
-
Dès lors, ce fut un
nommé Zep de la MOYA (
qui s'appelait en
réalité Joseph FABRESSE) qui fit chaque année
fonction
d'artificier et fut chargé de faire
tonner ce qu'il appelait "La
Caretilla" nom espagnol signifiant la petite charrette, en
catalan "el carreto ".
-
Il marquait le début de
la Fête Nationale dès le soir du 13 juillet
en tirant quelques
volées des hauteurs des terrers de la Mata-Rodona. Puis le 14 juillet, le
canon chargé jusqu'à la
gueule mêlait son éclatante voix aux feux d'artifice, mettant en joie la
foule des illois avant le bal endiablé qui
avait lieu à la « Plaça Nova ».
-
D'après les
renseignements fournis fort obligeamment par
Monsieur Charles LAFON, le canon aurait tonné
pour la dernière fois, devant la Mairie, le 20 Août 1944 lors de la libération
du Roussillon. L'avait-on trop chargé ou bien avait-on profité
de la circonstance pour faire exploser un
bâton de plastic, toujours est-il que toutes les vitres
du quartier volèrent en éclats.
-
Le petit canon de la Mairie est donc intimement lié à l'histoire
illoise et grâce à lui nous avons pu évoquer ces lointains souvenirs