
Les anciennes fortifications d'Ille sur Tet
Caractéristiques générales des
trois enceintes de la ville
l'emplacement duquel sera reconstruite à partir du XVIIème siècle
l'église Saint-Étienne
le chevet de l'église, se trouve un
massif de maçonnerie de cailloux roulés, liés par du mortier, disposés en épi
qui suit un contour arrondi. Pierre Ponsich remarque qu'" il s'agit de la muraille fortifiée du château, bien reconnaissable sur 4
mètres de hauteur et qui se poursuit d'ailleurs du côté opposé au talus qui
la jouxte, avec le mur de la maison voisine, malheureusement enduit à l'heure
actuelle sur une hauteur double ".
Nous
sommes là devant la première ceinture de remparts de la ville qui englobait la
première agglomération, la primitive église Saint-Etienne, le château
vicomtal qui était adossé à l'ouest, et la "cellere", espace sacré de trente
pas environ, en moyenne, et qui servait d'asile aux habitants et à leurs biens
en cas de danger. A remarquer que la fontaine dite "font de la vila",
comprise dans ce périmètre, fournissait l'eau nécessaire aux habitants.
L'absence
de mention de cellera pour Ille ne
peut contredire ce que montre
l'observation du plan et qu'appuient peut-être
quelques mentions tardives de celliers près de l'église paroissiale. II semble
évident que le noyau originel du village soit bien de nature ecclésiale.
L'enceinte
contournait l'ancien "Palau" par les actuelles rues de la Neige, de
l'Eglise et de la Fontaine; sa longeur s'étendait sur un peu moins de
300 mètres. On tient pour preuve de cette affirmation le témoignage de l'Abbé
BONET qui en 1908 précise qu' "en creusant
les fondements de certaines maisons situées le long de cette ligne on a découvert
d'énormes blocs de maçonnerie qui sont, à n'en pas douter, les assises des
remparts primitifs "
Ce premier
périmètre formait un ovale de 90 m environ dans la plus grande longueur, et de
70 m dans la plus petite, dessinant la vague forme d'un cercle au rayon d'une
cinquantaine de mètres. On peut penser à une cellera
originelle.
la deuxième
moitié du XIème s, dominait l'enceinte. Elle présente,
à
sa base, un parement de petits moellons dégrossis à la massette. Il est
possible, mais non
certain, que la première enceinte ait englobé la tour de l'Alexis, qui en
aurait formé l'angle nord-ouest. Mais
sur le plan elle se trouve juste à l'extérieur de ce périmètre, ainsi elle
marquait plus probablement les limites de cette cellera originelle, qu'un
seigneur local aurait placé sous sa surveillance.
Elle regarde vers le nord, vers la France.C'était apparemment une
tour-signal reliée optiquement à celles de Vadabany, Rodès, Pomers,
Salimans. On ne peut qu'être frappé par la similitude de construction et de matériaux entre la tour de l'Alexis et celle de Casenoves. Elle a 12 m de côté
et ses murs ont deux mètres d'épaisseur. Elle présente un trait particulier:
son premier étage est en voûte et on n'accédait dans la tour que par une
porte fenêtre au moyen d'une échelle que les occupants enlevaient une fois
retirés à l'intérieur. Elle offre donc davantage l'aspect d'un donjon.
Plus tard le village ayant connu un rapide développement, toute référence à
cette probable cellera du XIeme siècle a disparu. Les états successifs des
fortifications, que l'on peut deviner dans les documents et sur le plan, nous révèlent
le succès du castrum , village fortifié, coeur économique d'une riche petite
région et siège d'une importante seigneurie.
Quand
la population se développa une nouvelle ligne de défense fut portée plus en
avant.
La deuxième enceinte, dont les
vestiges, moins
apparents, sont enrobés par les constructions le long des rues
des Fabriques, des Enamourats, de la Poissonerie, de la Grand'rue, de la rue de
l'Hôpital, de la rue Manceau, et la partie Nord de la rue de la Fontaine,
laissant en dehors du périmètre fortifié l'église de la Rodona, l'hôpital
(dont l'emplacement primitif semble avoir été dans l'enceinte) et l'église
Sainte-Croix (disparue).
Elle
se développait sur environ 650 mètres délimitant une superficie de 2 hectares
80.
Néanmoins, la nécessité de prémunir davantage la ville contre les dangers de
plus en plus menaçants et de répondre, par des ouvrages plus appropriés, aux
attaques désormais possibles de troupes nombreuses et organisées, contraignît
les habitants à reculer une nouvelle fois les limites de l'enceinte, donnant à
celle-ci une puissance de protection en rapport avec les possibilités
militaires du temps.
La troisième enceinte en date, fut édifiée.
Elle longe la rue Molière, de
laMuraille, Ampère, des Fabriques, la partie nord de la rue de la Fontaine, de
la rue Marceau elle englobe la Rodona, se poursuit dans l'impasse du
Remparts-est.
Elle
est parallèle à la route Nationale, à celle de Montalba ( rue Louis Boyer et
rue 8 mai 1945 , longe le Boulevard Nord (ou Jean Bourrat ) et la rue Franklin.Certains
auteurs envisagent qu'elle fut édifiée en deux campagnes, l'une comprenant les
fronts est, sud et nord, l'autre surtout le front ouest.Elle
subsiste actuellement sur la quasi-totalité de sa longueur qui représente 1200
mètres. Les parements ne sont toutefois dégagés et conservés que sur environ
300 mètres délimitant une superficie de 8 hectares.
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Bibliographie :
Emile & Léon Delonca, Un village en Roussillon
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Joël Dechonne