Les Pyrénées-Orientales (66) est un département français, situé dans le sud de la France, à la frontière avec la Catalogne (Espagne).

Histoire

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de la province du Roussillon et d’une petite partie du Languedoc appelée le Fenouillèdes.

Deux dates permettent de mieux comprendre l’histoire de ce département :

1258 : le traité de Corbeil crée une frontière entre les royaumes de France et d’Aragon. Les habitants de l’actuel département appartiennent à deux pays différents et parlent deux langues voisines, le catalan et l’occitan.
1659 : la province du Roussillon est rattachée à la France par le traité des Pyrénées, à l’exception de l’enclave de Llivia. La frontière politique de 1258 est supprimée, mais les habitants du département continuent d’appartenir à deux provinces différentes.
Malgré la création du département en 1790, la rivalité, plus ou moins amicale selon les époques, a continué de se maintenir entre les deux entités. Les Catalans utilisent le terme méprisant de gavatxos pour désigner les Occitans, qui se sentent un peu les parents pauvres des Pyrénées-Orientales.
L’Espagne envahit le département en avril 1793, mais la France le récupéra treize mois plus tard, après la bataille de Peyrestortes.
Au XIXe siècle, les Pyrénées-Orientales furent l’un des départements les plus républicains de France, en partie grâce à la présence de François Arago, homme politique et savant né à Estagel.

Géographie

Le département des Pyrénées-Orientales fait partie de la Région Languedoc-Roussillon. Ses frontières sont constituées de la mer Méditerranée à l’est, de l’Espagne au sud, du département de l’Aude au nord, d’Andorre et du département de l’Ariège à l’ouest.
Il fait partie des rares départements français (avec les Alpes-Maritimes et les Pyrénées-Atlantiques) qui permettent à leurs habitants et aux touristes de profiter à la fois des joies de la montagne et de celles de la mer.
Il est traversé d’ouest en est par trois fleuves parallèles, le Tech, la Tet et l’Agly. C’est également dans les Pyrénées-Orientales que l’Aude prend sa source. Son point culminant est le Pic Carlit (2921 m).

Climat

Le climat, de type méditerranéen, permet d’avoir des hivers relativement doux, les chutes de neige étant très rares en plaine.
Les étés sont souvent très chauds. Les vents jouent un grand rôle, en particulier la tramontane, vent du nord-ouest, équivalent catalan du mistral, qui atteint fréquemment des vitesses supérieures à 100 km/h. Le vent marin apporte pour sa part la pluie.

Économie

L’économie du département repose traditionnellement sur l’agriculture, dominée par l’arboriculture (nombreux vergers de pêchers, d’abricotiers et de cerisiers), le maraîchage (salades, artichauts notamment) et la viticulture.
Dans ce domaine, les Pyrénées-Orientales se distinguent par une importante production de VDN (vins doux naturels), avec quatre appellations prestigieuses : Banyuls, Maury, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, sans compter le Byrrh, élaboré dans les caves de Thuir.
On produit aussi de nombreux vins secs AOC, rouges surtout, dont l’appellation Collioure est sans doute la plus connue.
L’élevage, en recul pendant plusieurs décennies, semble trouver une nouvelle vitalité, en particulier au niveau des bovins (production de viande de veau Rosée des Pyrénées).
Il faut cependant préciser qu’à peine plus de 8 000 personnes, si on excepte les saisonniers, vivent de l’agriculture.
Les entreprises industrielles sont peu nombreuses, et ne peuvent constituer une ressource suffisante pour le département, qui connaît un important taux de chômage (plus de 15 % de la population active). La majorité de la population travaille dans le secteur tertiaire (administration, services, distribution, tourisme). Le recensement de 1999 donnait les chiffres suivants dans la répartition des actifs :

  • Agriculture : 8 227
  • Industrie : 10 389
  • Construction : 8 460
  • Tertiaire : 97 673

Démographie

Le département compte près de 400 000 habitants. La ville de Perpignan en regroupe plus d’un quart à elle seule, et plus d’un tiers avec sa banlieue. C’est la seule ville importante, et les principales petites villes sont Canet-en-Roussillon, Cabestany, Saint-Estève (Sant Esteve del Monestir, en catalan), Rivesaltes(Ribesaltes), Saint-Laurent-de-la-Salanque(Sant Llorenç de la Salanca), Bompas, Saint-Cyprien (Sant Cebrià), Argelès-sur-Mer (Argelers), Thuir (Tuïr)-, Céret(Ceret), Elne (Elna) et Prades(Prada), comptant chacune entre 6 000 et 10 000 habitants. L’arrondissement de Perpignan (Perpinyà), avec 287 272 habitants, est celui qui compte le plus d’habitants dans le département.
En effet, les deux autres, les arrondissements de Céret et de Prades, comptent respectivement 66 624 habitants et 38 907 habitants.
La répartition par tranches d’âge montre un nombre relativement élevé de personnes âgées de 60 ans et plus (29 % de la population contre 21,3 % pour l’ensemble de la France).
Cette vieillesse de la population a pour conséquence un taux de mortalité supérieur à celui des naissances.
Pourtant la population est en augmentation constante depuis plusieurs décennies grâce à un solde migratoire nettement positif. Le département attire en particulier des retraités grâce à son climat agréable, ce qui contribue à la fois à l’augmentation de la population et à son vieillissement. L’évolution de la population a été la suivante:

  • 1954 : 230 285 habitants
  • 1975 : 299 506 habitants
  • 1982 : 334 557 habitants
  • 1990 : 363 796 habitants
  • 1999 : 392 803 habitants (population sans doubles comptes)

Culture

La culture catalane continue d’être très vivace, même si les jeunes sont assez peu nombreux à parler la langue.
De nombreux rassemblements populaires (aplecs) ont lieu dans le département, et les danses traditionnelles y sont très appréciées, en particulier la sardane. Tous les ans a lieu à Prades (Prada), l’Université catalane d’été (Universitat Catalana d’Estiu). La langue catalane est enseignée dans les écoles primaires, lycées et collèges, à l’université, ainsi que dans des écoles où l’enseignement ne se fait qu’en langue catalane (écoles primaires la Bressola et Arrels, collèges col-legi comte Guifrè).
Plusieurs grands peintres sont venus vivre en Roussillon au début du XXe siècle, soit à Céret, soit à Collioure (Cotlliure). C’est en grande partie à Collioure, où ont séjourné Henri Matisse et André Derain, qu’est né le fauvisme. Le cubisme s’est quant à lui développé à Céret, fréquenté par Pablo Picasso et Georges Braque à partir de 1911. Aristide Maillol est né dans ce pays et y est resté, sculptant sur le thème de la femme. Céret abrite aujourd’hui un important musée d’Art moderne, fondé en 1950 par Pierre Brune. De nombreuses manifestations culturelles ont lieu chaque année, notamment le festival photographique Visa pour l’image à Perpignan et le festival Pablo Casals (musique classique) à Saint-Michel-de-Cuixa, près de Prades.