


La particularité du contrapàs est qu'il est
uniquement dansé par des hommes, en cercle non fermé. La partition du contrapàs
alterne les mesures binaires et ternaires.
Petit à petit, les femmes entrèrent dans la danse, et le seul lieu où
l'interdiction subsista était Prats-de-Mollo-La-Preste.
De nos jours le contrapàs est complètement tombé en désuétude et remplacé par la
sardane. A Prats-de Mollo-la Preste en Haut-Vallespir, le contrapàs est encore
dansé dans la plus pure tradition, où cette danse est exécutée que par des
hommes, à l'occasion des fêtes du village, pour la fête de l'ours et quelquefois
pour des manifestations culturelles catalanes dans toute la catalunya.
Dès l'origine, la musique guide les danseurs, qui achèvent leurs séries de pas à la fin de l'air joué : en 1830, le mot sardana est employé. En 1849, cette danse vit une révolution venue de Perpinyà : l’invention de la tenora, instrument roi de la sardane, par le luthier Andreu Toron. Dotée de clefs de métal, la tenora dispose d’une large palette de notes dans une souplesse inégalée. Dès lors, la cobla, orchestre de sardanes, se modernise en 11 musiciens, et 12 instruments : un tambourin, un flabiol (petite flûte au son aigu), deux tibles (famille des hautbois), deux ténors (bois avec pavillon en métal), deux trompettes, deux fiscorns (cornets à pistons), un trombone, et enfin, une contrebasse.. A partir de la fin du XIXème siècle, les compositeurs, venus de l’enseignement classique, exploitent la nouvelle sonorité de la cobla : les œuvres gagnent en valeur artistique et la chorégraphie s’améliore. Initialement régionale, la sardane est une danse généralisée au XXème siècle dans une Catalogne en quête identitaire.
On dit de la sardane qu’elle est d’origine
hellénique parce qu’un géographe grec
du nom de Strabon a cité “une danse en
rond qui était une danse d’offrande à la lune pratiquée par les Ibères qui
occupaient la partie occidentale du littoral roussillonnais”.
Le témoignage
écrit le plus lointain et le plus ressemblant se trouve dans le "Llibre
vermell de Montserrat" (XIVème siècle) qui décrit les pèlerins du monastère
en train de danser le "ball rodo" . Un cercle d'hommes ! Dans un texte de
la ville d'Olot, daté de 1552, l'autorité religieuse interdit la sardane comme
étant une danse honteuse, un "ball deshonest" .
En Catalogne du Sud, sous le régime
franquiste, toute manifestation extérieure à la culture propre de ce pays était
interdite. Seules les sardanes, mais pas n'importe lesquelles, étaient tolérées
les jours de fêtes religieuses. Ainsi, lorsque, les dimanches matin, la cobla
interprétait la fameuse "Santa espina" d'Angel Guimera, la police
intervenait pour disperser la foule. Dès 1939, la sardane devint la danse de la
solidarité, un des signes forts parmi les "vaincus" de la République.
Elle était avant tout dansée par le peuple, mais au XVIIème et XVIIIème siècle, elle devient un phénomène de mode au sein de l'aristocratie catalane. En plusieurs siècles la sardane a beaucoup évolué dans sa chorégraphie, mais également au niveau musical : on note des changements dans le rythme, le nombre de mesures, et aussi le nombre de musiciens, qui est passé de 6 en 1800, à 11 aujourd'hui.
Contrairement aux danses folkloriques, la sardane est une danse bien vivante, et en pleine évolution. En effet, il existe actuellement plus de 20.000 sardanes différentes, et ce nombre est en constante augmentation. La sardane anime toujours autant, si ce n'est de plus en plus, les villages du Roussillon : Aplecs, Ballades, et autres Festivals de sardanes sont organisés régulièrement chaque été sur les places et les ramblas. Et si vous n'avez pas encore la chance de savoir la danser, rendez vous dans un foment (école) de la sardane, vous y trouverez toujours des bénévoles prêts à vous apprendre à pointer du bon pied.
![]() |
|
|
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
| tambourin | flabiol | tibles | ténors | trompettes | fiscorns | trombone | contrebasse |
© Copyright 2010 - 2012
Conception :
Jacques Brest